A Melilla, galère des MRE
La promesse d’une frontière moderne a viré au cauchemar. Au lieu de fluidifier le passage, le nouveau système de « frontières intelligentes » mis en place par l’Espagne a transformé la traversée vers Nador en un véritable enfer. Les Marocains de l’enclave ou des MRE se retrouvent pris au piège d’un dispositif défaillant, subissant des attentes interminables.
C’est un calvaire hebdomadaire pour les familles. Pour franchir les quelques mètres qui séparent Melilla du territoire marocain, il faut désormais s’armer d’une patience infinie : les files d’attente s’étirent jusqu’à six heures. Une situation insoutenable, particulièrement le week-end, où les résidents accompagnés d’enfants en bas âge restent bloqués sans issue au poste de « Bab Melilla ».
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Le coupable est identifié : la technologie censée accélérer les contrôles est à l’arrêt. Le système « intelligent », victime de pannes informatiques à répétition, ne fonctionne pas. Résultat, les policiers sont contraints de revenir aux méthodes manuelles et aux vieux tampons, pendant que les voyageurs, dont les passeports sont déjà validés côté marocain, se retrouvent coincés devant des portes fermées côté espagnol.
Ce fiasco technique provoque la colère des syndicats de police eux-mêmes. Un policier du Syndicat unifié de la police (SUP), a qualifié le nouveau dispositif de « totalement défaillant ». Il dénonce un outil d’une lenteur extrême qui plante dès le passage des documents, loin de l’efficacité aéroportuaire promise par le gouvernement local.
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L’inquiétude grandit désormais pour les échéances à venir. Alors que les autorités espagnoles tentent parfois de rejeter la responsabilité sur la cadence marocaine, les dysfonctionnements actuels laissent présager le pire pour la prochaine opération de traversée du détroit, menaçant de paralyser totalement la frontière en période de forte affluence.