Maroc : La Chine, il vaut mieux l’avoir à ses côtés

- 08h56 - Maroc - Ecrit par : L.A

« Si tu veux marcher vite marche seul, mais si tu veux marcher loin marche avec les autres ». Les entreprises marocaines et chinoises ont choisi de suivre ce proverbe africain.

En tout cas, la signature de 14 conventions hier de partenariat d’investissement entre entreprises des deux pays en est une des meilleures réponses, a indiqué hier Moulay Hafid Elalamy, président de la CGEM, lors d’un forum d’affaires Maroc-Chine tenu à Casablanca « Chine, Guangdong-Maroc, 2007 ». Une rencontre animée par Boutayna Iraqui Houssaini, présidente de l’Afem et marquée par un discours thématique sur la conjoncture économique prononcée par l’argentier du Royaume, Fathallah Oualalou.

Il s’agit de projets de coopération commerciale (production des meubles), touristique et de projets d’investissement. Rappelons que plus d’une cinquantaine d’accords de coopération lient le Maroc et la Chine. Il s’agit en fait du 5e partenaire commercial.

« La Chine a une croissance fulgurante de 13% par an, ce qui nous donne des idées », renchérit Elalamy. Ils ont réalisé une transformation économique importante au niveau de la province de Guangdong. Au niveau marocain, les relations sont de l’ordre d’un peu moins de 8 milliards de DH avec des capacités qui demeurent énormes. Cependant, le président de la CGEM cite des difficultés : la Chine exporte au Maroc 10 fois ce qu’elle importe de chez nous. Une relation déséquilibrée, mais elle est un peu la même à travers le monde. « Face à une concurrence de cette taille et de cette qualité, nous privilégions la complémentarité. Le cas du secteur textile marocain est à cet égard exemplaire : la compétition accrue sur les marchés internationaux avec l’arrivée de produits asiatiques, chinois en particulier, a imposé un repositionnement des opérateurs marocains, qu’ils ont réussi de façon remarquable », fait remarquer le président de la CGEM. Le défi pour le Maroc c’est d’utiliser sa propre plateforme notamment celle de Tanger Med, capable de permettre à ce type de pays (extrêmement dynamique au niveau de la production industrielle et commerciale) de produire au Maroc et d’exporter vers différents pays (Europe, USA, pays arabes), mais aussi d’être une station de transition et de transformation.

Aujourd’hui, plusieurs entreprises européennes regardent le Maroc comme une plate-forme potentielle de préparation et de réexportation de la Chine vers l’étranger. Ce qui serait générateur d’emploi et de valeur ajoutée pour notre pays. « Il faut s’accrocher fortement à ces économies qui sont à la fois très dangereuses et qui peuvent aussi offrir des opportunités », relève Elalamy. « A notre grande surprise, nous découvrons des opérateurs marocains à la fois dans le textile et aussi dans le sanitaire qui exportent en Chine », s’étonne Elalamy. « C’est un marché énorme qui peut nous permettre des opportunités, mais le Maroc doit créer son propre modèle économique ». Les entrepreneurs doivent s’accrocher à cette économie mondiale (Chine) et ne pas la considérer comme un tsunami. L’environnement économique est favorable pour encourager l’initiative privée et promouvoir l’investissement : programme Emergence, plan Azur, projets urbanistiques (aménagement de la vallée du Bouregreg, marina de Casablanca), l’habitat social, ALE… sont autant d’atouts qui ont permis d’assurer une meilleure visibilité sur l’avenir de l’économie marocaine. « Il existe une grande potentialité et une belle perspective de coopération dans l’économie, le commerce et le tourisme entre le Guangdong et le Maroc, souligne de son côté Yuanxing Gong, ambassadeur de la Chine au Maroc.

Le tourisme (hôtels…) se veut une niche à explorer. C’est l’intérêt de la convention de collaboration entre les agences de voyages qui a été signée aujourd’hui, note Abbas Azzouzi, directeur général de l’Office national marocaine du tourisme. Le tourisme chinois au Maroc n’existe pas, dit-il. « Nous allons développer et stimuler le flux touristique en participant à des salons en Chine. Notre mission serait aussi de développer des contrats de partenariat avec les tour-opérateurs chinois et de structurer des lignes aériennes », ajoute Azzouzi. L’enjeu est de taille surtout que près de 3.000 Marocains visitent Guangdong.

Qui sont-ils ?

La délégation économique et commerciale du Guangdong (Canton) comprend près de 400 représentants et 192 entreprises (10 secteurs). Elle est conduite par De Jiang Zhang, membre du bureau politique du comité central du PCC (Parti communiste chinois), secrétaire du comité provincial du Guangdong du PCC. Pour eux, la coopération guangdong-marocaine dans le commerce et le tourisme montre une bonne tendance. En 2006, le chiffre de l’import-export a atteint 520 millions de dollars, représentant une croissance de 38,9%, soit 27% du chiffre du commerce sino-marocain.

L’Economiste - F.Z.T.

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