Maroc : hausse inquiétante des détentions préventives

- 06h40 - Maroc - Ecrit par : P. A

Le nombre de personnes en détention préventive a sensiblement augmenté au Maroc depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence sanitaire. À fin avril 2021, elles représentaient 44,49 % de la population carcérale contre 37,11 % une année auparavant.

Le procureur général du Maroc, Hasan Daki, dans une circulaire, a demandé aux procureurs de recourir le moins possible à la détention préventive et de se rappeler avant toute action, que la présomption d’innocence est la règle et la détention provisoire, l’exception. Daki a invité les procureurs à « garder à l’esprit ces principes fondamentaux du Code de procédure pénale avant d’engager des poursuites pénales ».

En principe, le recours à la détention provisoire n’est admis qu’en cas de flagrant délit, de preuves claires sur la perpétration d’un crime, d’absence de garanties d’assistance aux procès ou de la gravité même des infractions, explique le procureur général.

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À fin avril, le Maroc comptait 38 357 détenus en détention préventive sur une population carcérale de 86 223 prisonniers. En 2020, ils étaient au nombre de 31 432 sur un total de 84 706 prisonniers. Selon la circulaire, cette augmentation est due, entre autres, à la lenteur des procédures relatives à la tenue des procès, du fait des mesures restrictives imposées par la pandémie.

La détention préventive est l’une des principales causes de la surpopulation carcérale au Maroc, comme le révèlent les rapports annuels de l’Observatoire national des prisons.

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