Le Maroc rappelle son ambassadeur en Espagne

- 14h51 - Espagne - Ecrit par : L.A

L’annonce d’une visite du roi Juan Carlos dans les enclaves espagnoles de Sebta et de Melilla, lundi 5 et mardi 6 novembre, provoque une crispation diplomatique entre l’Espagne et le Maroc. Vendredi 2, le gouvernement de Rabat a rappelé son ambassadeur en consultation. Il juge "regrettable" le déplacement du roi dans les deux villes africaines de l’Espagne et a exprimé sa "nette réprobation".

Séquelle de la "reconquête" des rois catholiques sur les Maures, le statut de Sebta et de Melilla, ports de la rive marocaine de la Méditerranée, sous souveraineté espagnole depuis 1580 et 1496, est l’objet d’un désaccord permanent entre les deux Etats. Le Maroc considère que ces deux villes de 74 000 et 57 000 habitants font partie de son territoire et sont indûment occupées par les Espagnols.

Juan Carlos avait pris soin de ne pas s’y rendre depuis son couronnement, en 1975. Les présidents des gouvernements espagnols avaient aussi évité les deux villes, jusqu’à José Luis Rodriguez Zapatero qui est allé à Sebta et à Melilla en février 2006, cinq mois après le traumatisme qu’avait constitué l’entrée en force de plusieurs centaines d’immigrés sans papiers. Les protestations émises alors par le Maroc avaient surtout frappé par leur retenue. L’immigration, comme la politique antiterroriste, sont deux dossiers sur lesquels le rapprochement hispano-marocain s’est concrétisé, après des années de tension à l’époque du gouvernement de José Maria Aznar.

Le ministère espagnol des affaires étrangères s’emploie à dédramatiser l’actuel conflit, qui ne devrait pas porter préjudice "aux bonnes relations entre les deux pays et à leur dimension stratégique". De son côté, le porte-parole du gouvernement marocain, Khalid Naciri, a répété que "cette visite est regrettable, inappropriée et inopportune".

Le Monde - Cécile Chambraud

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