Le Maroc manque de bras pour récolter ses avocats : il envisage de recruter à l’étranger
Le Maroc manque de bras pour récolter ses avocats. Les producteurs discutent avec les autorités d’un possible recours à des travailleurs étrangers. Une solution envisagée alors que la filière, qui emploie déjà 10 000 personnes, prévoit d’exporter 100 000 tonnes cette saison.
Le Maroc pourrait bientôt faire venir des travailleurs étrangers pour récolter ses avocats. Confrontés à une pénurie persistante de main-d’œuvre saisonnière, les producteurs ont engagé des discussions avec les autorités compétentes. L’annonce a été faite jeudi 15 octobre à Larache par Abdellah El Yamlahi, président de l’Association marocaine de l’avocat (MAVA), devant les 250 participants au deuxième Moroccan Avocado Summit.
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Le responsable professionnel espère des résultats prochainement. Il n’a toutefois précisé ni les pays dans lesquels ces ouvriers pourraient être recrutés, ni leur nombre, ni les modalités envisagées avec l’administration. Selon FreshPlaza, qui a couvert le sommet, les difficultés à mobiliser suffisamment de travailleurs continuent de freiner la production.
Le problème survient alors que la filière prépare une campagne importante. Les premières récoltes de la variété Hass sont attendues fin octobre. L’association prévoit une production de 120 000 tonnes pour la saison 2026-2027, dont 100 000 tonnes destinées à l’exportation. Le secteur représente déjà 10 000 emplois et génère, selon son président, quelque 360 millions d’euros par campagne.
Cette tension sur l’emploi dépasse largement les plantations d’avocatiers. Dans d’autres filières agricoles marocaines, la pénurie d’ouvriers a fait grimper les rémunérations journalières. Certains exploitants déclaraient en août débourser entre 300 et 400 dirhams pour environ cinq heures de travail, au rendement. Le recrutement saisonnier devient particulièrement difficile lorsque plusieurs récoltes se déroulent simultanément.
Des travailleurs étrangers déjà présents dans les champs marocains
Le recours à une main-d’œuvre venue de l’étranger n’est pas entièrement nouveau au Maroc. Dans le Souss-Massa, des migrants subsahariens travaillent déjà dans les exploitations agricoles, notamment celles tournées vers l’exportation. Certains s’y sont installés durablement, tandis que les entreprises agricoles continuent de chercher des salariés pour assurer leurs récoltes.
Mais attirer davantage de travailleurs suppose aussi de répondre aux exigences des marchés internationaux. Lors du sommet de Larache, Imad Oustachne, auditeur international spécialisé dans la certification sociale SMETA, a rappelé que les acheteurs européens, britanniques et nord-américains contrôlent de plus en plus les conditions de travail chez leurs fournisseurs. Salaires, horaires, sécurité et mécanismes de réclamation figurent parmi leurs critères. Ces vérifications concernent aussi bien les exploitations que les stations de conditionnement et de stockage.