Au Maroc, des milliers d’avis de recherche annulés
Dans une volonté de réformer son système judiciaire, le Ministère public marocain a levé plus de 74 000 avis de recherche. L’objectif est clair : faire de la détention préventive une exception et privilégier les libertés individuelles.
La présidence du Ministère public a procédé à l’annulation massive de plus de 74 000 mandats d’arrêt, rendus obsolètes par la prescription ou la régularisation de la situation des mis en cause. Cette démarche inédite, couplée au réexamen de milliers de procédures de contrainte par corps, illustre une vaste stratégie de rationalisation pénale rapportée par le quotidien Assabah. Les effets de cette politique se font déjà ressentir sur le terrain, le taux d’incarcération avant jugement ayant chuté pour se stabiliser autour de 29 % en 2025, tournant ainsi la page des pics alarmants enregistrés au plus fort de la crise sanitaire.
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Le secrétaire général de l’institution, Wali Alami, érige la baisse des détentions provisoires en défi majeur pour la justice. Rappelant l’importance de la présomption d’innocence, il souligne que la privation de liberté avant un procès ne doit plus être perçue comme une norme systématique. Selon lui, cette mesure de coercition doit demeurer un « outil exceptionnel, régi par deux impératifs : la protection de l’ordre public et la garantie du bon déroulement de la justice ». Le responsable insiste sur le fait que « la détention préventive et les condamnations forment un équilibre fragile », nécessitant un dosage précis et mesuré de la part des magistrats.
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Pour ancrer cette nouvelle philosophie dans la pratique, les autorités déploient un éventail d’alternatives à l’emprisonnement. La libération sous caution est de plus en plus privilégiée pour garantir la présence des accusés, tout comme les peines de substitution telles que le travail d’intérêt général ou la probation pour les infractions mineures. Appuyée par les récentes modifications du Code de procédure pénale, l’institution limite désormais la détention préventive aux crimes les plus graves et aux cas de récidive. Au-delà des chiffres, la justice marocaine ambitionne de refonder son rapport aux citoyens en faisant de la liberté le principe absolu, et de l’incarcération l’ultime exception.