Un rappeur condamné à 8 mois de prison au Maroc

- 06h00 - Maroc - Ecrit par : J.K

Poursuivi pour outrage envers les institutions, le jeune rappeur et militant Souhaib Kabli a vu sa condamnation à huit mois de détention confirmée en appel. Ses soutiens dénoncent fermement une entrave à la liberté d’expression.

Le prévenu de 23 ans risquait jusqu’à quatre années de détention pour « outrage à corps constitué » et « atteinte au respect dû aux institutions constitutionnelles ». Lors de l’audience organisée mardi devant la cour d’appel de Taza, sa ville natale, la justice a maintenu le jugement prononcé en première instance le 27 mars. À la barre, l’artiste a assuré n’avoir voulu qu’« exprimer ses opinions », tandis que le parquet réclamait un durcissement de la sanction.

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Dénonçant une « erreur d’appréciation », son avocat Me Mohamed Taïfi a précisé à l’AFP que l’accusation ne s’appuyait sur aucun extrait musical précis. L’interrogatoire s’est plutôt concentré sur ses textes abordant la corruption, les failles des services publics ou encore son rejet de la normalisation avec l’État hébreu.

Incarcéré depuis début mars, le mis en cause a également été questionné sur son appartenance à « Justice et Bienfaisance » (Adl Wal Ihssane), une organisation islamiste officiellement interdite mais tolérée au Maroc. C’est d’ailleurs ce mouvement qui a exigé sa libération dès lundi par voie de communiqué, fustigeant une incarcération qui porte « atteinte à la liberté d’expression ».

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Cette mobilisation trouve un écho direct auprès de la puissante Association marocaine des droits humains (AMDH). En appelant à son tour à l’élargissement du chanteur, l’ONG a pointé du doigt une détention qu’elle considère comme un outil politique servant à restreindre la parole publique dans le pays.