Le Maroc reste le hub africain des entreprises françaises
La France redéfinit sa stratégie africaine à l’occasion du sommet de Nairobi. Malgré la fin du pré carré francophone, les sociétés tricolores continuent d’investir massivement sur le continent. Dans ce dispositif, le Maroc s’impose comme un hub stratégique.
Le sommet « Africa Forward », organisé les 11 et 12 mai au Kenya, marque un tournant diplomatique. La France prend ses distances avec un espace francophone secoué par de récents coups d’État au Sahel, l’Élysée privilégiant de nouveaux partenariats. Pourtant, sur le terrain, le secteur privé accélère la cadence. Selon une étude de Deloitte et du Medef décryptée par Les Echos, l’Hexagone compte aujourd’hui plus de 4 200 filiales africaines. Pour Olivier Vincent de Bpifrance, la région n’est plus un simple marché d’exportation, c’est devenu « un continent de production et de co-industrialisation ».
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Dans cette vaste réorganisation, le Maroc s’affirme comme principale rampe de lancement des sociétés françaises. Le Royaume demeure première destination de leurs investissements. De grands industriels s’y ancrent pour rayonner, à l’instar du groupe BEL qui fabrique ses fromages à Tanger depuis 1977. Même si près de 45 % des capitaux français s’orientent désormais vers des zones non francophones, le marché marocain conserve son titre de porte d’entrée pour attaquer le reste du continent.
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Seule ombre au tableau : le désengagement du secteur financier. Des établissements historiques vendent leurs réseaux de détail au sud de la Méditerranée, provoquant l’agacement d’Emmanuel Macron. Au Maroc, BNP Paribas transfère ainsi sa filiale locale au conglomérat Holmarcom, ne conservant que ses branches d’investissement et de location. Ce repli profite directement à la concurrence. Frédéric Wissocq, directeur à la Coface, constate que cette situation laisse logiquement « la place aux banques locales ou marocaines », redessinant ainsi l’échiquier économique régional.