Maroc : les subventions aux cliniques privées coupées ?

- 10h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

Amine Tahraoui, ministre de la Santé, a déclaré devant la Commission parlementaire des secteurs sociaux, qu’il a demandé l’arrêt des subventions d’investissements au profit des cliniques privées, lors d’une réunion de la Commission nationale des investissements.

« J’ai mon avis concernant ce secteur et les pratiques dans ce secteur. C’est ce qui m’a poussé à mettre fin aux subventions d’investissements accordées aux cliniques privées, en demandant leur arrêt lors d’une réunion de la Commission nationale des investissements », a déclaré mercredi 1ᵉʳ octobre au Parlement Amine Tahraoui. Et d’ajouter : « Cette décision n’a pas été simple, car certaines cliniques contribuent à combler le déficit dans certaines régions. Mais dans de nombreux cas, leur installation ne résout pas les problèmes. »

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Le ministre de la Santé explique que « lorsqu’un centre hospitalier universitaire (CHU) est construit et qu’une clinique privée s’installe juste en face, ce n’est pas un hasard. L’objectif est souvent de capter les ressources humaines, notamment les médecins du CHU, ainsi que ses patients », précisant qu’à l’époque de son intervention en commission des investissements, « nous étions à environ 400 ou 500 millions de dirhams d’autorisations en suspens. C’est un statu quo que j’assume et sur lequel je n’ai pas l’intention de revenir. »

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Le membre du gouvernement poursuit en rappelant avoir « demandé une révision de la carte sanitaire ». « Ce document n’est pas une simple carte géographique, mais un outil opérationnel, technique et scientifique. Il doit permettre aux professionnels de santé de planifier l’évolution du système sur les cinq à dix prochaines années. En tenant compte de la transition démocratique, du vieillissement de la population et de l’apparition de pathologies spécifiques. Cette carte doit aussi intégrer le secteur privé », a-t-il indiqué.

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Amine Tahroui souligne que c’est pour cette raison que « toutes les autorisations de création d’établissements privés ont été suspendues, le temps de mener des études pour déterminer les besoins réels », reconnaissant que « de nombreuses cliniques, les plus anciennes, apportent une réelle valeur ajoutée au système de santé. » Et d’insister : « Mon objectif n’est pas de freiner le secteur privé, mais de combattre ses dérives et de poser les bases d’une relation claire et équilibrée avec lui.