Maroc : l’Or vert se transforme en désastre écologique
C’est la face sombre de l’or vert. Alors que la campagne de trituration des olives bat son plein, les autorités ont déclaré la guerre aux pollueurs. Des commissions mixtes mènent actuellement des opérations commandos dans plusieurs régions du Royaume pour stopper le déversement sauvage de la « margine », ce liquide toxique qui asphyxie les cours d’eau.
Tolérance zéro donc. Selon le site Rue20, des brigades d’inspection opèrent désormais dans le plus grand secret, effectuant des visites inopinées auprès des huileries (maâsras). L’objectif est de surprendre les propriétaires en flagrant délit de rejet de déchets dans la nature.
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Le phénomène est visible à l’œil nu : dans certaines zones rurales, les oueds ont viré au noir, contaminés par des tonnes de résidus. Le processus d’extraction de l’huile génère deux polluants majeurs : le grignon et surtout la « margine » (liquide). Lorsqu’elle est déversée directement dans les rivières, cette substance organique toxique devient un poison redoutable pour la faune, la flore, les cultures irriguées et le bétail qui s’y abreuve.
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Face à ce désastre écologique récurrent, les commissions provinciales serrent la vis. Les mesures imposées sont drastiques : régularisation immédiate de la situation environnementale, respect des quotas de trituration et, surtout, construction accélérée de bassins d’évaporation étanches répondant aux normes techniques. Les huileries qui ne respecteront pas ces mises en demeure s’exposent à des sanctions lourdes pour avoir transformé les rivières en égouts à ciel ouvert.