Huile d’olive au Maroc : les prix chutent… mais la récolte menace
C’est une nouvelle qui va ravir les consommateurs, mais qui donne des sueurs froides aux agriculteurs. Alors que la production d’olives affiche des niveaux records grâce aux pluies automnales, faisant chuter le prix du litre d’huile entre 50 et 60 dirhams, le secteur est frappé par une pénurie aiguë de main-d’œuvre qui menace de paralyser la récolte.
L’année s’annonce paradoxale pour l’or vert marocain. D’un côté, les voyants sont au vert : la productivité est bonne, avec un rendement moyen oscillant entre 14 et 18 litres par quintal dans plusieurs régions, notamment dans la province de Kalaa des Sraghna. De l’autre, les agriculteurs peinent à trouver des bras pour cueillir les fruits.
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C’est l’information principale pour le portefeuille des ménages : les prix dévissent. Selon les professionnels du secteur, le litre d’huile d’olive se négocie actuellement entre 50 et 60 dirhams.
Mieux encore, pour le consommateur malin qui achète ses olives et se charge lui-même de la trituration, le coût de revient final peut descendre encore plus bas. En fonction de la qualité et du rendement, le litre peut revenir à seulement 35 à 50 dirhams, frais de broyage et d’emballage inclus. Une aubaine rendue possible par les dernières pluies qui ont gorgé les fruits, même si l’eau réduit légèrement le taux d’extraction par quintal.
Mais dans les oliveraies, l’ambiance est tendue. Un acteur associatif du secteur à Kalaa des Sraghna cité par Hespress, alerte sur une « crise de la main-d’œuvre ». Les ouvriers désertent la région pour aller travailler vers Taourirt ou Guercif.
Conséquence immédiate : les coûts explosent. Le salaire journalier d’un ouvrier atteint désormais 150 dirhams, et le coût de ramassage d’une caisse (30-32 kg) avoisine les 35 dirhams.
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Cette pénurie de travailleurs a un impact direct sur le calendrier. Les huileries sont encombrées et la récolte prend un retard considérable. Contrairement aux années précédentes, la saison pourrait se prolonger exceptionnellement jusqu’en février, voire mars prochain, juste après le mois de Ramadan.
Les professionnels craignent également un impact sur les exportations, la taille des olives étant jugée trop petite (fine) cette année pour certains marchés de conserve, bien que parfaite pour l’huile.