Prix de l’huile d’olive au Maroc : une baisse spectaculaire gâchée ?
Le litre d’huile d’olive se négocie désormais autour de 55 dirhams sur les marchés marocains, une forte baisse par rapport à la saison passée. Cette accalmie tarifaire s’accompagne cependant d’une recrudescence inquiétante des pratiques frauduleuses, poussant les défenseurs des consommateurs à lancer l’alerte sur la qualité des produits en circulation.
Dans la région de Ouezzane, les tarifs à la production oscillent actuellement entre 55 et 60 dirhams le litre, influencés par la méthode d’extraction et les coûts logistiques. Un propriétaire d’un moulin local note que le rendement atteint 15 à 16 litres par quintal, voire 18 litres dans certains secteurs favorisés par les conditions climatiques.
Le prix de la matière première suit cette tendance baissière, le kilogramme d’olives s’écoulant entre 6 et 6,5 dirhams. Sur les marchés, l’offre varie selon le procédé de fabrication, avec une fourchette globale allant de 55 à 75 dirhams, bien que certaines zones affichent des prix planchers avoisinant les 45 dirhams.
Des mélanges avec des huiles végétales et des colorants
Cette accessibilité retrouvée ne doit pas masquer les risques sanitaires. L’Observatoire marocain pour la protection du consommateur s’inquiète de la multiplication des huiles frelatées, souvent coupées avec des huiles végétales bon marché ou additionnées de colorants chimiques pour tromper les acheteurs sur le goût et l’odeur.
Ces produits douteux, vendus dans des bouteilles en plastique sans étiquetage sur le bord des routes ou dans les souks populaires, échappent à tout contrôle et violent les réglementations sur la sécurité alimentaire.
Face à ce danger pour la santé publique et la réputation du terroir national, l’organisme réclame un durcissement de la surveillance à tous les niveaux de la chaîne, de la production à la commercialisation. Il appelle à fermer les unités clandestines et à accélérer les analyses en laboratoire sur les lots suspects.
Les consommateurs sont invités à la plus grande vigilance et à privilégier les circuits formels disposant de l’agrément de l’ONSSA, afin d’éviter les complications sanitaires qui menacent particulièrement les enfants et les personnes vulnérables.