Fin 2007, plus d’un Marocain sur quatre aura un compte bancaire

- 21h02 - Maroc - Ecrit par : L.A

Les introductions en Bourse ont-elles « boosté » le taux de bancarisation du Maroc ? A voir l’affluence dans les agences bancaires en vue de souscrire aux opérations d’introduction, on est tenté de le croire. En fait, explique un banquier, l’ouverture de comptes à l’occasion d’une introduction en Bourse reste marginale. « En général, ceux qui achètent des actions sont des personnes qui ont une certaine culture de la Bourse et de l’investissement en Bourse, et ceux-là disposent déjà de comptes ». Il est vrai cependant, précise-t-il, qu’il y a de plus en plus d’ouvertures de comptes au niveau des sociétés de Bourse, en particulier au profit de membres de la famille, les enfants, par exemple. « Mais ce ne sont pas des comptes de dépôt. Ils servent seulement à donner des ordres d’achat ».

Malgré tout, la bancarisation au Maroc progresse à un rythme appréciable : entre 4 et 4,5 % par an, ces dernières années. A la fin de 2006 (les statistiques sur cette question sont annuelles), le taux de bancarisation était de 25 % (contre 24 % une année auparavant). Mais si l’on tient compte des 2,5 millions de comptes d’épargne nationale (CEN) et du million de comptes courants postaux (CCP), le taux de bancarisation atteint les 37 %. Selon un cadre à Bank Al Maghrib, le taux de bancarisation (banques et postes réunies) à la fin de 2007 devrait dépasser les 40 %. Certes, admet ce dernier, dans les pays développés, la bancarisation s’entend en comptes ouverts au niveau des banques. « Mais dans les pays en développement, on comptabilise aussi les CEN et les CCP, considérant que, malgré tout, ceux-ci permettent de sortir de la culture du bas de laine et du coffre de grand-mère ».

Le Code du commerce est dépassé

Mais si le Maroc fait en ce domaine beaucoup mieux qu’un grand nombre de pays en développement (en Afrique, par exemple, le taux de bancarisation oscille entre 6 et 7 %), il est évidemment loin des niveaux atteints par l’Europe où les taux dépassent parfois 100 %, sachant que certaines personnes disposent de plusieurs comptes.

En fait, la progression du taux de bancarisation dépend de deux facteurs essentiellement : une décision politique qui rendrait obligatoire l’utilisation du chèque barré, en vue de favoriser la transparence dans les transactions, et un niveau d’éducation plus élevé. Au Maroc, si le taux d’analphabétisme recule d’une année à l’autre pour se situer désormais à environ 43 % (soit à peu près le niveau de bancarisation prévu pour la fin de cette année), la décision politique tarde à venir. « Mais, avant cela, il faudrait revoir la législation y afférente, c’est-à-dire le Code du commerce, complètement dépassé en matière de chèques et de lettres de change », estime un cabinet d’affaires. Bank Al Maghrib a d’ailleurs proposé au gouvernement, en vue de moderniser le système juridique et les moyens de paiement, la création d’un comité national qui réfléchirait à la question. « Le projet existe, il suffit de le réactiver », confie un responsable au ministère des finances.

Notons enfin que, malgré les améliorations qui restent à apporter au système, le taux de bancarisation actuel (11,1 millions de comptes avec la Poste) correspond exactement à la population active (11,2 millions de personnes), ce qui n’est pas si mal que cela. Sauf que les 11,1 millions de comptes ne correspondent pas forcément à 11,1 millions de personnes puisque certaines disposent de plusieurs comptes. Un projet de centrale des comptes existe d’ailleurs à Bank Al Maghrib dont l’objectif est, entre autres, justement d’affiner les chiffres, de savoir qui dispose de quoi...

La vie éco - S.A.

  • 500 milliards de DH de dépôts et 378 milliards de crédits à fin 2007

    Les chiffres du secteur bancaire à fin 2007 font état d'une progression significative des principaux indicateurs d'activité des banques. Selon le dernier reporting du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), les ressources bancaires se sont établies à 521,8 milliards de DH, dont près de 500 milliards de dépôts de la clientèle (95,5%), en hausse de 17,1% par rapport à fin 2006.

  • Les cartes bancaires explosent

    Les systèmes et moyens de paiement au Maroc ont désormais leur rapport annuel. Bank Al-Maghrib vient de publier la première édition, au titre de l'année 2006. Une publication qui retrace, en premier lieu, l'évolution de l'activité des quatre systèmes de paiement marocains.

  • Fiscalité, ce qui va changer en 2008

    Le projet de Loi de finances pour 2008, dans sa version encore provisoire, apporte pas mal de nouveautés. Mais ces nouveautés, en réalité, s'inscrivent en droite ligne de ce qui a été déjà entamé, voici au moins deux ans, en matière de réforme de la fiscalité : s'attaquer aux niches fiscales et, ceci expliquant cela, réduire en même temps certains taux d'imposition ; l'évolution favorable des recettes fiscales, en particulier des impôts indirects, rendant possible cette orientation.

  • "2007 Daba" dévoile son rapport d'activité

    L'association 2007 Daba a dépensé près de 12,180 millions de DH pour « mener à bien ses activités de sensibilisation » aux dernières élections législatives. De cette somme, « 2007 Daba n'a reçu aucun centime de l'Etat », a souligné Noureddine Ayouche, président de cette association.

  • Barid Al-Maghreb lance « Al Barid Bank »

    Barid Al-Maghrib a inaugurée mardi à Casablanca le premier fleuron de sa filiale bancaire Al Barid Bank.

  • Les Marocains paient-ils trop d'impôt ?

    Les contribuables marocains, personnes physiques et morales, paient-ils trop d'impôt ? Voilà une question qui, décidément, ne supporte pas de réponses tranchées. Si l'on utilise la mesure, universelle, de la pression fiscale, on constate alors que les recettes fiscales rapportées au PIB ne sont pas si élevées que cela : une moyenne de 22 % entre 2000 et 2006. Pour 2007, la pression fiscale devrait se situer à 22,8 %, selon les prévisions du ministère des finances. Dans les pays de l'OCDE (Organisation de la coopération et du développement économique), la pression fiscale était en moyenne de 36,2 % en 2005 (chiffre disponible).

  • Bancassurance : 3 milliards de chiffre d'affaires en 2006

    Bon cru pour la bancassurance en 2006. Le réseau bancaire toutes institutions confondues a récolté 3 milliards de primes, soit 30,2% de plus qu'en 2005. Toutefois, la contribution de cette activité demeure marginale dans le chiffre d'affaires global du secteur des assurances. Elle a certes progressé de 3 points, mais elle se limite à 20% seulement. Les commissions qui en découlent ont cru de 13,7% à 120,7 millions de DH, soit 10 points de progression en moins qu'en 2005. C'est ce qui ressort du bilan d'activité réalisé par la direction des Assurances et de la Prévoyance sociale (Daps) au ministère des Finances.

  • La fièvre du boursicotage au Maroc

    La fièvre du boursicotage s'empare de tout le monde. Réservée aux débuts des années 90 à quelques initiés, la pratique séduit de plus en plus. Déboires pour les uns, gloire pour les autres.

  • 2,7% de taux de croissance en 2007

    Le Haut commissariat au plan (HCP) avait plus ou moins vu juste. Le département de Lahlimi vient d'annoncer que le Maroc a réalisé un taux de croissance de 2,7% en 2007 au lieu de 2,2% qui figurait sur les comptes prévisionnels. A signaler que le taux de 2,7% est provisoire en attendant la révision et la publication des comptes nationaux définitifs en 2010.

  • Les nouvelles opportunités du e-commerce

    L'annonce de la mise en place du processus de paiement sécurisé par Internet conduite par le Centre monétique interbancaire et la société Maroc Telecommerce est un évènement. « Ce projet va booster le marché du e-commerce », affirme avec satisfaction Myriam Kadmiri, responsable marketing et communication de Jet4you.