Un Marocain dépense 7 000 €, passe 25 heures en mer et ne reste libre que 20 minutes en Espagne
À 22 ans, Ayoub pensait avoir atteint l’Espagne après une traversée éprouvante. Rencontré à Al Hoceïma par l’agence EFE, il raconte sa troisième tentative d’émigration, son interpellation à Málaga et son renvoi au Maroc, à des centaines de kilomètres de chez lui.
À Málaga, Ayoub et dix autres passagers descendent d’un bateau de pêche et commencent à marcher dans le port. Ils viennent de passer 25 heures en mer. Vingt minutes plus tard, ils sont arrêtés, raconte ce Marocain de 22 ans dans une enquête de l’agence espagnole EFE.
Sur Bladi.net : Ils paient jusqu’à 11 000 euros pour passer du Maroc à Melilla en bateau
Pour effectuer cette traversée, le jeune homme affirme avoir payé 7 000 euros. L’embarcation est une « buletera », bateau de pêche traditionnel utilisé dans le nord du Maroc. Cette arrivée manquée en Espagne marque sa troisième tentative d’émigration.
Interrogé sur ses motivations, Ayoub décrit une idée omniprésente parmi les jeunes qu’il côtoie : rejoindre l’Europe, par bateau, en passant par Sebta ou Melilla, ou en obtenant un visa. Certains de ceux qui partent légalement choisissent ensuite de rester à l’étranger, explique-t-il à EFE, dans son reportage du 21 octobre.
Jusqu’à 11 000 euros dans une autre affaire espagnole
Les sommes engagées pour ces traversées ressortent également d’une enquête annoncée le 19 octobre à Melilla. Six Marocains ont déclaré à la police espagnole avoir payé jusqu’à 11 000 euros chacun pour voyager clandestinement à bord d’un bateau de plaisance. Quatre suspects ont été arrêtés dans cette affaire.
À Al Hoceïma, EFE a également interrogé Amir, 21 ans. Avec ses amis, il évoque des intermédiaires réclamant jusqu’à 12 000 euros. Plusieurs jeunes disent attendre de réunir l’argent nécessaire au départ. Pour Amir, les raisons de partir touchent aussi aux droits et aux conditions de vie.
Le parcours d’Ayoub se poursuit après son interpellation. Renvoyé au Maroc, il est conduit par les autorités à Chichaoua, à quelque 900 kilomètres au sud d’Al Hoceïma, où se trouve sa famille.
Il doit alors compter sur ses proches pour rejoindre sa ville. « Ma famille m’a envoyé de l’argent pour rentrer », confie-t-il à EFE. Après le prix de la traversée, il lui a encore fallu financer le chemin du retour.