Une Marocaine reporte deux fois son mariage avec un Français, mais la France lui refuse toujours son visa

- 23h00 - France - Ecrit par : Betty de G.

Une femme de 31 ans résidant au Maroc tente d’obtenir un visa français pour célébrer son mariage à Toulouse. Malgré plusieurs reports de la cérémonie et cinq recours en urgence, elle n’a pas réussi à faire suspendre le refus des autorités françaises, qui craignent une installation durable en France.

Le 5 mars 2026, le consulat de France à Rabat refuse de délivrer un visa de court séjour à cette femme qui souhaite épouser un ressortissant français. Le couple prévoit de se marier à la mairie de Toulouse. Mais les démarches administratives bouleversent son calendrier et la future mariée multiplie les recours devant le tribunal administratif de Nantes.

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Dans une ordonnance du 6 mai 2026, la requérante explique que la cérémonie, alors fixée au 5 juin, a déjà été reportée deux fois. Elle affirme également que le couple ne peut pas se marier au Maroc en raison de la confession religieuse de son futur époux. Elle souhaite enfin pouvoir rentrer au Royaume pour passer ses examens universitaires.

Son compagnon français se mobilise lui aussi. Lors de l’audience du 29 avril, le juge l’autorise exceptionnellement à prendre la parole, bien qu’il ne soit pas partie à la procédure.

Les tentatives judiciaires se succèdent. Un premier recours est rejeté le 31 mars parce que son signataire n’avait pas qualité pour agir, puis un deuxième le 3 avril pour défaut d’urgence. Les demandes suivantes, examinées les 6 et 26 mai, échouent également, les juges ne relevant pas d’argument suffisamment sérieux pour suspendre le refus de visa.

La France craint qu’elle reste après le mariage

L’administration française justifie sa décision par la situation personnelle de la demandeuse. Âgée de 31 ans, célibataire et sans attaches familiales suffisamment justifiées dans son pays de résidence, elle souhaite rejoindre un futur époux installé en France. La sous-directrice des visas estime que ces circonstances présentent un risque de détournement du visa à des fins migratoires.

La jeune femme conteste cette appréciation. Elle fait valoir que la sincérité de son projet matrimonial n’a pas été remise en cause par le procureur de la République et invoque sa liberté de se marier.

Une nouvelle date de cérémonie est annoncée pour le 8 août 2026. Dans son recours déposé en juin, elle demande au tribunal de suspendre le refus et d’imposer la délivrance d’un visa provisoire sous trois jours, avec une astreinte de 150 euros par jour de retard.

Mais la décision intervient bien après la date annoncée du mariage. Dans son ordonnance du 12 octobre 2026, le tribunal administratif de Nantes rejette cette cinquième demande en urgence. La juge estime qu’aucun des arguments présentés ne fait apparaître de doute sérieux sur la légalité de la décision administrative.

Un recours distinct, visant à obtenir l’annulation du refus de visa, a également été enregistré le 11 juin. L’ordonnance d’octobre ne tranche pas cette procédure de fond.