Il accuse sa femme d’adultère, puis se réconcilie avec elle : la France maintient l’annulation de son visa
Une Marocaine de 22 ans a vu son visa français annulé après un signalement de son propre mari, qui l’accusait d’adultère. Le couple s’est ensuite réconcilié et attend un enfant. Mais l’administration maintenait sa décision, jusqu’à l’intervention du tribunal administratif de Nantes.
Trois jours. C’est le temps pendant lequel une jeune Marocaine aura conservé son visa de long séjour avant que les autorités françaises ne décident de l’annuler. Délivré pour rejoindre son époux français, le document était valable depuis le 9 mars 2026. Le 12 mars, il est annulé, après que son mari a contacté les services consulaires pour dénoncer un adultère présumé.
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Le couple s’était marié au Maroc en août 2025. Elle avait 21 ans, lui 37. Son mari, installé en France, lui rendait régulièrement visite dans le royaume. Mais une dispute vient bouleverser leurs projets. Selon le récit de la jeune femme devant la justice, son époux signale aux autorités consulaires une infidélité supposée et annonce qu’il ne souhaite plus qu’elle le rejoigne.
Les choses prennent pourtant une autre tournure. Les époux se réconcilient et la Marocaine arrive en France en avril 2026. Ils reprennent leur vie commune et attendent leur premier enfant. Leur situation familiale a changé, mais l’annulation du visa continue de produire ses effets.
La jeune femme se retrouve ainsi en situation irrégulière. Elle explique être privée du droit de travailler et d’une couverture sociale, alors qu’elle a besoin d’un suivi médical pour sa grossesse.
Le couple attend un enfant, l’administration refuse de revenir sur sa décision
Saisi en urgence, le tribunal administratif de Nantes doit départager les arguments. Le ministère de l’Intérieur conteste la nécessité d’une intervention rapide. Il estime également que les documents produits ne démontrent pas suffisamment la poursuite de la relation conjugale.
Le juge retient une autre lecture du dossier. La Marocaine établit qu’elle est toujours mariée, qu’elle vit avec son époux et qu’elle est enceinte. La perte de son droit au séjour porte donc une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation pour justifier une intervention en urgence.
Le magistrat relève surtout deux problèmes dans la décision administrative : l’identité et la compétence de son auteur, ainsi que l’insuffisance de sa motivation. Ces irrégularités possibles créent un doute sérieux sur sa légalité, selon l’ordonnance rendue le 1er octobre 2026.
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Le tribunal suspend donc l’annulation du visa, valable initialement jusqu’au 8 mars 2027. Il impose au ministère de l’Intérieur de réexaminer la situation de la jeune femme dans un délai d’un mois. Sa demande d’indemnisation des frais de procédure est également partiellement accueillie.
L’État devra lui verser 800 euros. Le recours visant à obtenir l’annulation définitive de la décision administrative, engagé parallèlement par la Marocaine, reste à juger.