Une Marocaine de 16 ans fait tomber un multimillionnaire français

- 23h00 - France - Ecrit par : Betty de G.

Une jeune Marocaine arrivée sans papiers en France est à l’origine de la chute de Jacques Bouthier, ancien patron d’Assu 2000. Quatre ans après sa plainte, le parquet de Paris demande que le multimillionnaire soit jugé pour viols et traite d’une mineure.

Le procès de Jacques Bouthier se rapproche. Dans un réquisitoire rendu à la mi-août, le parquet de Paris a demandé son renvoi ainsi que celui de quatre autres personnes devant une cour criminelle départementale. L’ancien patron d’Assu 2000, devenu Vilavi, est notamment poursuivi pour traite des êtres humains à l’égard d’une mineure, viols sur mineure et association de malfaiteurs.

Au centre du dossier se trouve Aïcha, un prénom d’emprunt. La jeune Marocaine était âgée de 16 ans lorsqu’elle est arrivée en France, sans titre de séjour et en situation de grande précarité. Jacques Bouthier est accusé de l’avoir hébergée en échange de rapports sexuels avant de la maintenir dans un système de prostitution forcée.

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La jeune femme avait finalement piégé le multimillionnaire en le filmant nu dans un lit avec une adolescente roumaine de 14 ans. Elle avait ensuite remis les images à la police et déposé plainte. Cette démarche avait conduit à la mise en examen de Jacques Bouthier en mai 2022 et à l’effondrement de celui qui figurait parmi les 500 plus grandes fortunes françaises.

Un million d’euros pour étouffer la plainte

Au cours de l’instruction, l’homme d’affaires de 79 ans a toujours contesté les accusations de viol et de traite. Il a cependant reconnu avoir profité de la vulnérabilité de jeunes femmes qu’il hébergeait en échange de relations sexuelles, selon le réquisitoire consulté par RTL, citant l’AFP.

Le ministère public considère qu’il aurait utilisé son argent et son influence pour maintenir la jeune Marocaine sous son emprise. Pour l’avocat d’Aïcha, ces réquisitions constituent une étape essentielle, après des années durant lesquelles la parole de la principale plaignante a été contestée.

L’affaire comporte aussi un volet distinct de corruption présumée. Des intermédiaires et des policiers auraient été sollicités pour faire disparaître la plainte et organiser le retour de la victime au Maroc. L’opération aurait été financée par un virement d’un million d’euros. Le parquet demande que cinq personnes soient jugées devant le tribunal correctionnel dans cette partie du dossier.

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Cette procédure française s’ajoute au volet marocain de l’affaire, ouvert après les plaintes d’anciennes salariées des entreprises de Jacques Bouthier à Tanger. La décision finale appartient désormais au juge d’instruction, qui devra déterminer si l’ancien magnat des assurances et les autres mis en examen comparaîtront effectivement devant une cour criminelle.