Des métiers occasionnels prospèrent durant le Ramadan

- 15h19 - Maroc - Ecrit par : L.A

Une semaine avant le début du Ramadan, des petits commerces fleurissent au sein des quartiers populaires au Maroc. Chaque année, ils sont nombreux à saisir l’occasion de cette période particulière de grande consommation pour s’adonner à des métiers occasionnels afin d’améliorer leurs revenus et lutter contre les affres du chômage.

Chacun est spécialisé dans la préparation et la vente de produits particuliers. Des femmes se mettent partout pour étaler les différents genres de galettes marocains : msemmen, baghrir, harcha…Dans certains locaux loués pour l’occasion, des jeunes préparent les feuilles de pastilla ou l’incontournable gâteau pendant le Ramadan : Chebbakia. C’est au sein du même endroit qu’on le fabrique et on le vend pour assurer une meilleure qualité au consommateur.

Il y a encore quelques années, ce genre de commerce n’aurait pas été lucratif, les femmes préparant tout à la maison, quelques jours seulement avant le début du Ramadan.

La sociologue Samira Kassimi explique à Magharebia que les femmes au Maroc accèdent de plus en plus au marché de l’emploi.

"Dans le passé, le mari n’acceptait que les plats préparés par son épouse. Mais depuis quelques années, les choses ont changé. Au niveau culturel, il n’est plus inacceptable pour la femme d’acheter des plats déjà préparés car elle n’a plus le temps de le faire", dit-elle.

Son constat est confirmé par l’expérience de Houda Mzeouek, infirmière mariée depuis trente ans. Elle signale qu’il y a cinq ans seulement, elle se mobilisait une semaine avant le Ramadan pour préparer des délices et les stocker dans son réfrigérateur. Mais l’apparition des petits commerces occasionnels de proximité offrant des prix raisonnables l’a poussé à changer d’habitude.

"Je souffrais auparavant car il me fallait passer des heures interminables dans la cuisine avant et pendant le Ramadan. Mais, maintenant, ma table est composée surtout de plats achetés des commerçants du quartier.", signale-t-elle.

Elle ajoute que ce changement dans la vie des Marocaines participe à aider financièrement un tant soit peu les jeunes en chômage et les femmes à situation difficile.

Ahmed Bachiri, licencié en littérature française, se livre à ce commerce occasionnel depuis quatre ans déjà. A l’approche du Ramadan, il loue un local et mobilise ses amis an chômage pour la vente de la Chebbakia. Il raconte qu’après trois ans sans emploi, il a décidé de mettre fin à cette situation en cherchant un gagne-pain au gré des circonstances.

"Ma mère m’avait appris à bien préparer la Chebbakia. Je n’ai pas hésité un seul instant à réaliser mon projet il y a quatre ans grâce au financement de mon père et l’encouragement de mes frères. Et j’ai pu gagner quelque 10.000 dirhams en un mois. Certes c’est un travail occasionnel, mais c’est mieux que de rester les bras croisés", affirme-t-il.

A la fin du Ramadan, ce jeune de 29 ans retournera à ses cours de soutien scolaire en langue française aux élèves du primaire et du secondaire chez lui.

Ils sont nombreux à mener le même train de vie. Ils affirment que même s’ils ont un diplôme supérieur, ils n’hésitent pas à faire un travail manuel pour combattre le chômage même si le travail est temporaire. C’est le cas de Yasmine qui vient de décrocher cette année sa licence en Economie. Elle aide sa mère Zohra dans la préparation et la vente du Baghrir.

"Mon père est décédé il y a dix ans et c’est ma mère qui subvient à nos besoins. Je l’ai toujours aidée dans son travail tout en continuant à étudier avec sérieux. J’envisage de faire un master. Mais avant que les études commencent, le Ramadan est une bonne occasion pour gagner de l’argent".

Source : Magharebia - Sarah Touahri

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