Des militaires espagnols forcent des Marocains à embrasser une croix, Amnesty alerte

- 14h00 - Espagne - Ecrit par : Sébastien A.

Des Marocains contraints de s’agenouiller pour embrasser une croix chrétienne : Amnesty International rapporte cette humiliation parmi les violences attribuées à des militaires espagnols à Sebta. Le ministère de la Défense a transmis le dossier à la justice.

Les témoignages rendus publics ce mercredi 30 septembre décrivent aussi des jeunes obligés de se raser les cheveux et des personnes privées de nourriture lorsqu’elles refusent d’obéir. Selon les récits recueillis par l’ONG, des soldats cherchent ainsi à pousser les migrants à quitter Sebta, rapporte Europa Press.

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Amnesty a mené sa mission du 10 au 15 septembre. Ses enquêteurs ont rencontré plus de 65 migrants et demandeurs d’asile, originaires notamment du Maroc et de l’Algérie. Ils ont recueilli 22 témoignages directs mettant en cause des militaires pour des coups, du harcèlement ou des humiliations.

Plusieurs récits concernent des Marocains. Deux jeunes présentaient des blessures à la tête. Un autre disait ne plus pouvoir marcher depuis 25 jours après avoir été poussé d’une hauteur par un soldat. L’organisation précise que certaines lésions observées paraissent compatibles avec des coups de matraque.

La Défense transmet le dossier à la justice

Madrid a réagi dans la matinée. Le ministère de la Défense indique avoir adressé les accusations au parquet et au tribunal de permanence de Sebta. Il demande également au commandement des opérations d’enquêter pour établir d’éventuelles responsabilités individuelles, selon El País.

Amnesty reconnaît la difficulté du travail des forces de sécurité, dans un contexte où plus de trente migrants ont été arrêtés pour des agressions contre des militaires. Elle rappelle toutefois que cette situation ne justifie pas les mauvais traitements dénoncés.

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L’ONG demande une enquête indépendante et une aide immédiate aux personnes restées dehors depuis les passages massifs de juillet. Parmi elles, des mineurs et des femmes dorment encore à la belle étoile, sans accès suffisant à l’eau, à l’hygiène ou aux soins.