Après 1 milliard d’euros investis, les entreprises françaises veulent leur part du prochain boom marocain
Automobile, énergies renouvelables et agroalimentaire : les entreprises françaises cherchent désormais à prendre position sur la prochaine vague de projets marocains. Après le retour des investissements, la bataille se déplace vers les marchés ouverts par l’industrialisation du royaume et ses nouvelles infrastructures.
Le Maroc est devenu un « chantier à ciel ouvert » pour les entreprises françaises, estime La Tribune. Dans un décryptage publié vendredi 18 septembre, le quotidien identifie l’automobile, les énergies renouvelables et l’agroalimentaire parmi les secteurs offrant de nouvelles possibilités d’implantation.
Cette offensive intervient après le net rebond des capitaux français. En 2025, les investissements venus de France ont atteint un milliard d’euros, leur niveau le plus élevé depuis dix ans. Ils ont représenté un tiers des investissements directs étrangers nets reçus par le Maroc et près de 90 % de leur progression annuelle, comme l’avait montré notre article sur le retour en force des investisseurs français.
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La réconciliation politique entre Rabat et Paris a accéléré ce mouvement. La visite d’État d’Emmanuel Macron en octobre 2024 avait débouché, selon le décompte cité par La Tribune, sur 33 contrats et projets d’investissement représentant 10,7 milliards d’euros.
Pour les entreprises françaises, l’enjeu ne consiste cependant plus seulement à vendre des produits au Maroc. Le royaume dispose déjà d’importantes chaînes industrielles dans l’automobile et l’aéronautique et cherche désormais à attirer des activités de production, de transformation et d’exportation.
Les énergies renouvelables offrent un autre terrain de développement, avec les besoins liés à la décarbonation de l’industrie, à la production d’électricité, au stockage et aux futurs carburants verts. Dans l’agroalimentaire, les perspectives concernent aussi bien la transformation locale que les équipements, l’irrigation et l’accès aux marchés africains.
Les entreprises françaises cherchent leur place
Le futur port Dakhla Atlantique, dont l’achèvement est attendu fin 2028, illustre cette nouvelle géographie économique. L’infrastructure doit soutenir les échanges avec l’Afrique de l’Ouest et créer de nouveaux besoins dans la logistique, l’industrie et les services.
Les entreprises d’Occitanie veulent profiter de cette dynamique. La deuxième édition du forum « Cap sur le Maroc », organisée début septembre à Montpellier, a réuni des acteurs économiques intéressés par les possibilités offertes par le royaume. La région et la métropole montpelliéraine s’appuient notamment sur leurs liens historiques avec le Maroc et sur le jumelage entre Montpellier et Fès.
Mais les entreprises françaises arrivent sur un terrain désormais très disputé. Le Maroc diversifie rapidement ses partenaires et attire des capitaux chinois, américains, espagnols, britanniques et des pays du Golfe. Dans l’automobile, la Chine finance déjà une partie du boom industriel marocain sans éloigner Rabat des États-Unis.
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Les projets annoncés ne se transforment pas non plus systématiquement dans les proportions initialement envisagées. Le partenariat entre OCP et Engie, qui devait mobiliser jusqu’à 18 milliards d’euros, a ainsi été fortement revu à la baisse malgré le maintien du projet de société commune.
La France conserve néanmoins une implantation difficile à égaler : près de 1 160 filiales françaises emploient environ 152 000 personnes au Maroc. Cette présence lui donne une longueur d’avance, mais ne lui garantit plus automatiquement les futurs contrats.
La prochaine bataille économique portera donc moins sur les intentions que sur la capacité des groupes français à investir localement, nouer des partenariats marocains et s’intégrer aux nouvelles chaînes de valeur. Après avoir retrouvé leur place parmi les premiers investisseurs du royaume, ils doivent désormais la défendre face à une concurrence internationale beaucoup plus agressive.