Un MRE licencié et jeté à la rue après son retour du Maroc

- 13h20 - France - Ecrit par : G.A

Brahim Kiou n’oubliera pas de si tôt les ravages sociaux laissés par le coronavirus dans sa vie. Bloqué au Maroc pendant cinq mois, il voit sa carrière de 30 ans partir en fumée et crie au licenciement abusif de la part de son entreprise.

L’histoire de Brahim Kiou est celle de ces milliers d’hommes et de femmes qui ont perdu dans cette crise sanitaire. Cet habitant d’Aubergenville (Yvelines), arrive difficilement à digérer la rapidité avec laquelle il est passé du statut de Chef d’équipe dans l’entreprise Etanco, une société du bâtiment située dans le quartier d’Elisabethville, à celui de sans-emploi et sans domicile fixe. Licencié à la fin du mois d’août, il devra également abandonner le 12 octobre, le logement qui lui a été alloué et qu’il occupe avec sa petite famille.

Trente ans de sacrifices et d’abnégation qui s’éteignent, emportant ainsi un plan de retraite et la quiétude de toute une famille. Brahim Kiou donnerait tout pour revenir au début du mois de mars dernier, lorsqu’il avait décidé d’aller au Maroc pour assister aux obsèques d’un de ses proches. Il devrait retourner en France le 19 mars et reprendre le cours de sa vie. Mais son vol comme de nombreux autres sont annulés, à cause de la fermeture des frontières .« J’ai cherché une solution de repli mais le 20 mars les autorités marocaines ont instauré un confinement total. Il était donc devenu impossible de se déplacer ». Pour passer le temps, il a trouvé refuge chez des proches non loin de Fès, rapporte Le Parisien.

Par conscience professionnelle et ne sachant pas combien de temps pourrait durer le confinement, Brahim Kiou décide de mettre son employeur au courant de la situation. Ce qu’il assure avoir fait dans un entretien téléphonique au cours duquel il a expliqué qu’il était « bloqué » au Maroc à cause du coronavirus et qu’il se trouvait dans l’impossibilité de reprendre son poste le 23 mars comme prévu. Et comme si cela ne suffisait pas ses problèmes de santé refont surface. Entre ses soucis de tension artérielle et de sclérose en plaques, il ne pouvait que consulter un médecin qui lui prescrit des médicaments et un arrêt de travail. « J’ai à nouveau appelé mon chef d’atelier. Je lui ai demandé de me mettre en chômage partiel mais cela n’a pas été fait. Et puis, je n’ai plus réussi à joindre mon entreprise. Ma ligne de téléphone a été coupée. », explique-t-il.

Entre la situation au Maroc qui se dégrade et la menace d’un chômage imminent, il se retrouve entre le marteau et l’enclume. Même si des vols spéciaux ont été annoncés, impossible pour l’homme de monter à bord. « J’ai pu effectuer deux réservations, mais il y avait de nombreuses demandes et comme les décollages se faisaient au compte-gouttes, je n’ai pu obtenir gain de cause que fin août », laisse-t-il entendre.

Ce n’est que le 27 août que Brahim Kiou parvient à rentrer chez lui après environ cinq mois d’absence. La mauvaise nouvelle l’attendait dans sa boîte aux lettres. Après avoir affronté la dureté du confinement et ses conséquences, il doit faire face à son licenciement « pour abandon de poste » dans un courrier expédié deux semaines plus tôt. « J’ai été choqué. L’entreprise était au courant que j’étais bloqué au Maroc », déclare-t-il dépité. Après avoir reçu confirmation de son licenciement, il se rapproche alors de la CGT pour contester la procédure. Pendant qu’il essayait de trouver les moyens de contourner ce qui lui est arrivé, il reçoit l’information selon laquelle, il doit quitter le logement de fonction qui lui avait été attribué pour surveiller le site en cas de déclenchement des alarmes, précise Le Parisien.

La société Etanco dit ne rien se reprocher. Les responsables évoquent « une rupture de contact » avec son salarié. « Il nous était impossible de comprendre le comportement de Monsieur Kiou. Nous avons essayé de le joindre à maintes reprises. Il disposait d’un téléphone d’entreprise en parfait état de fonctionnement et d’un abonnement téléphonique payé par l’entreprise », a réagi la direction de la société. « Nous lui avons indiqué que la situation était inacceptable et qu’il était nécessaire qu’il justifie de cette absence, indique l’entreprise. La société prétend qu’une absence injustifiée est un abandon de poste.

Brahim Kiou a fait appel à un avocat pour l’aider à régler ce qu’il appelle licenciement abusif. Il ne compte pas laisser le domicile de fonction. Pour lui c’est inhumain de le licencier et de le jeter à la rue sans aucune explication valable. Le conseil des prud’hommes doit étudier l’affaire le 2 novembre prochain.

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