MRE : un Conseil pour remplacer le ministère ?

- 13h55 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Y aura-t-il encore besoin d’un département ministériel dédié à la communauté marocaine de l’étranger ? Avec la création du Conseil supérieur de la communauté marocaine à l’étranger, le ministère de Nezha Chekrouni perd en quelque sorte de son utilité.

L’histoire des départements ministériels chargés des Marocains résidant à l’étranger n’a jamais été un fleuve tranquille. Au Maroc comme ailleurs, cela a toujours suscité des mécontents. Et pour cause. Rafik Haddaoui, en bon technocrate, n’a pas échappé aux critiques. Ses détracteurs n’ont jamais avalé le fait qu’il ait été derrière, et surtout qu’il soutienne, la suppression des circonscriptions législatives hors du Maroc qui existaient depuis 1984. Cette expérience débouchera sur l’octroi de cinq sièges à des représentants de la communauté marocaine expatriée à la deuxième Chambre du Parlement.
L’expérience, de huit ans, prendra fin en 1992 et ne sera plus renouvelée, ayant elle-même donné lieu à beaucoup de griefs.

Le passage de Lahcen Gaboune, ministre PND (Parti national démocrate) chargé des MRE, n’est presque pas retenu par les observateurs qui suivent l’évolution de la question. Avec les gouvernements Youssoufi, ce département ministériel sera purement et simplement laissé de côté. Il « réapparaîtra » avec le gouvernement Jettou II en juin 2004 et sera confié à Nouzha Chekrouni avec le titre de ministre déléguée et la tutelle de Mohamed Benaissa. Une « configuration » qui faisait déjà des mécontents parmi les RME qui estimaient avoir droit à mieux qu’un « simulacre » de ministère domicilié, comme une simple direction, au département que chapeaute M. Benaïssa.
L’USFP Nouzha Chekrouni, en plus, fait l’objet de plusieurs griefs à son tour. Lui sont reprochés notamment le manque de toute vision ou stratégie et un penchant excessif pour des déplacements qui n’ont pas débouché sur grand chose. En plus surtout d’opérations ponctuelles limitées dans le temps et que les MRE disent plutôt « intéressées », transferts de devises obligent ! Avec la création du Conseil supérieur de la communauté marocaine à l’étranger, c’est une nouvelle approche qui est adoptée pour traiter des problèmes de nos concitoyens expatriés. Ces derniers, cerise sur le gâteau, y seront dûment représentés et auront leur mot à dire car, désormais, ils ont le droit de vote et celui de se porter candidats. Tels sont les éléments de rupture qu’apporte le discours de Sa Majesté le Roi. L’autre rupture serait la disparition du ministère chargé des MRE. Cela allégerait davantage un gouvernement pléthorique qui l’a déjà été quelque part en juin 2004 quand avait été supprimé le ministère des Droits de l’Homme qui n’avait plus tellement de raison d’être après la création du CCDH et de l’IER.

Mohamed Boudarham - Aujourd’hui le Maroc

  • Tous les MRE seront pris en compte et auront les mêmes droits

    Pas de doublon entre le nouveau Conseil supérieur des MRE et les autres organes existants. Les travaux pour assurer la représentativité ont déjà commencé. Dès 2007, les MRE pourront voter et se faire élire.

  • Les MRE faiseurs de majorité parlementaire ?

    Après 13 ans d'absence sur le champ politique, ils accèdent de nouveau au droit au vote et à la députation. En tenant compte de leur poids démographique, ils pourraient avoir 10% des sièges à la Chambre des représentants.

  • Les RME, une composante essentielle du nouveau Maroc

    La ministre déléguée chargée des Marocains résidant à l'étranger, Mme Nezha Chekrouni, a affirmé que les Marocains résidant à l'étranger reste une composante essentielle du nouveau Maroc, soulignant leur contribution au développement du Royaume.

  • Nouzha Chekrouni en visite à Paris

    La ministre déléguée chargée de la Communauté Marocaine Résidant à l'Etranger, Nouzha Chekrouni se rendra le 8 novembre à Paris.

  • Une voix pour les émigrés

    Les Marocains expatriés auront de nouveau le droit de voter et de se porter candidats à la Chambre des représentants. Ainsi en a décidé Sa Majesté le Roi Mohammed VI à l'occasion du 30ème anniversaire de la Marche Verte.

  • Le Roi octroie le droit de vote aux MRE

    SM le Roi Mohammed VI a annoncé, dimanche, Sa décision de "conférer aux Marocains résidant à l'étranger, la possibilité de se faire dûment représenter à la Chambre des Représentants, de façon appropriée, réaliste et rationnelle".

  • RME : un Dahir pour le Conseil supérieur

    Le projet de Dahir pour le Conseil supérieur de la communauté marocaine à l'étranger est fin prêt. Annoncé en novembre 2005, ce conseil comprendra trois catégories de membres dont des élus au suffrage universel direct.

  • Vote des MRE : réactions

    Plusieurs acteurs associatifs représentant la communauté marocaine en Espagne se sont félicités, lundi, des décisions annoncées, la veille, par S.M. le Roi Mohammed VI concernant les Marocains résidant à l'étranger (MRE), estimant que ces décisions sont à même de faire des MRE un co-partenaire essentiel dans le processus de modernisation et de développement du pays.

  • Vote des MRE : réactions du comité Kalima

    Les membres du comité Kalima reconnaissent unanimement la pertinence des décisions concernant la communauté marocaine à l'étranger annoncées par S.M le roi Mohamed IV à l'occasion de 30ème anniversaire de la marche verte.

  • MRE : Lobbying pour une participation politique

    A l'approche des échéances électorales de 2007, le débat sur la participation politique des Marocains résidant à l'étranger (MRE) refait surface. Après le grand acquis de la nationalité, qui désormais peut être transmise par la femme marocaine mariée à un étranger à ses enfants, les MRE aspirent aujourd'hui à être présents sur l'échiquier politique. Ils comptent beaucoup sur une nouvelle volonté royale. Ce qui en dit long sur la complexité des autres voies de négociations, notamment avec les partis politiques.