Nacer Ibn Abdeljalil sur le toit du monde

- 22h29 - Sport - Ecrit par : L.A

Nacer Ibn Abdeljalil vient d’escalader le 3 janvier dernier le Toubkal, plus haut sommet de l’Afrique du Nord (4167m). Il était accompagné du Libanais Kheiry Sammakieh et de Omar Samra (premier Egyptien à avoir escaladé le plus haut sommet du monde, l’Everest).

Les trois amis ont en effet planté le drapeau palestinien sur le sommet enneigé pour témoigner de manière pacifique leur soutien et leur amitié au peuple palestinien.

Ancien lauréat de l’Ecole supérieure de commerce de Paris, Nacer Ibn Abdeljalil, 29 ans, vit à Paris. Actuellement il est dans une filiale de Natexis à Paris. Au cours des dernières années, il a travaillé à Londres et New York chez Morgan Stanley, une banque d’affaires.

Grand amateur de sport et de nature, il a couru plusieurs marathons prestigieux, comme Paris et Londres, avant de s’intéresser à l’alpinisme. Depuis 2001, il a commencé à escalader des sommets. Après le mont Blanc en France, il a réussi l’ascension de l’Aconcagua (6962m). Point culminant de la cordillère des Andes, surnommé le « colosse de l’Amérique », ce mont est situé en Argentine, à treize kilomètres de la frontière chilienne.

Il a également escaladé le mont McKinley, qui culmine à 6194 m d’altitude. Situé aux Etats-Unis au centre de l’Alaska, c’est le plus haut sommet d’Amérique du Nord. Proche du cercle polaire, c’est aussi l’un des plus froids. « Si j’ai réalisé ces expéditions, c’est d’abord parce que j’aime le sport. J’essaye d’atteindre mes limites et si possible de les dépasser. D’autre part, cela me permet de voir des paysages fabuleux, qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire. De plus, il y a un côté recherche du risque et montée d’adrénaline qui me plaît. Enfin, ce genre d’activité crée de belles amitiés », témoigne le jeune homme.

Et pourtant, comme chacun le sait, escalader de hauts sommets comporte du risque. De nombreux alpinistes sont morts avant d’atteindre leur but. Les plus gros risques sont liés aux changements climatiques soudains et aux avalanches. « C’est pour cette raison que je prends le maximum de précautions possibles et que je m’entoure de guides compétents et expérimentés », indique le sportif.

En général, ces expéditions se font par petits groupes d’une dizaine de personnes, avec plusieurs guides, sachant qu’il faut un guide pour trois personnes en moyenne. Pendant deux ou trois semaines, voire plus, les grimpeurs vivent en totale autonomie dans la montagne. Ils portent leur nourriture et leurs sacs de couchage sur le dos. « Au niveau hygiène, c’est un peu difficile car nous ne nous douchons pas pendant toute la durée du voyage. Nous utilisons la neige bouillie pour boire, sachant qu’il faut au moins six litres d’eau par jour », raconte l’alpiniste. Pour ce qui est de la nourriture, les voyageurs emportent souvent des sachets lyophilisés, afin d’alléger au maximum les sacs à dos. « Lors de l’escalade du mont McKinley, j’ai perdu 8 kilos en trois semaines », témoigne encore le sportif. Les températures sont souvent très basses en haute altitude et peuvent atteindre -30° et -40°, sur les sommets les plus froids.

Pour ce qui est du matériel à emporter, il faut des crampons et des vêtements élaborés, à la fois chauds et légers. Les vestes en Gortex sont utilisées (cette matière ne laisse passer ni vent ni eau). Il faut aussi des sacs de couchage en plumes d’oie, qui tolèrent des températures extrêmes. « En début d’expédition, nous marchons 10 à 12 heures par jour, avec des sacs à dos de 15 kilos sur le dos. Quelquefois, nous sommes obligés d’y aller très progressivement et de faire des va-et-vient, afin que l’organisme s’habitue à l’altitude », confie encore Ibn Abdeljalil.

Pour les sommets les plus hauts comme l’Everest par exemple, il faut utiliser des masques avec bouteilles à oxygène à partir de 7600 m d’altitude, afin d’irriguer le cerveau. C’est la zone de la mort, et le non-port du masque peut entraîner des pertes fatales de cellules nerveuses.

Nacer Ibn Abdeljalil a pour objectif d’escalader les sept plus hauts sommets du monde. Son prochain défi, l’Everest, est prévu pour bientôt.

Il est à noter que les expéditions sur les hauts sommets coûtent cher. Il faut payer les assurances, les guides, la nourriture, le matériel, éventuellement les permis de la montagne et les porteurs… Pour le McKinley et l’Aconcagua, le jeune alpiniste a dû débourser à chaque fois 5000 euros.

L’ascension de l’Everest est encore plus coûteuse (70.000 dollars environ). En effet, l’Etat népalais exige des candidats à ce sommet de payer la somme de 20.000 euros pour avoir un « visa ». L’objectif étant d’utiliser cet argent pour nettoyer et sauvegarder l’environnement du site. Dès à présent, l’alpiniste s’est lancé dans la recherche de sponsors pour pouvoir collecter le financement qui lui est indispensable pour réaliser son rêve.

Source : L’Economiste - Nadia Belkhayat

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