À Nanterre, des Maghrébins étaient contraints de vivre dans des bidonvilles géants

- 07h00 - France - Ecrit par : S.A

Sans logement décent, les travailleurs immigrés, notamment venus d’Algérie et du Maroc, servir dans les grandes usines dans les années 1950 à 1970, lors de la reconstruction de la France fraîchement sortie de la guerre, se voyaient obligés de vivre dans des bidonvilles géants.

Ils étaient de milliers d’immigrés à vivre dans des cabanes faites de planches, de tôles et de matériaux de récupération à Nanterre. Ils n’avaient pas accès à l’eau courante ni à l’électricité. En tout, jusqu’à 14 000 personnes étaient accueillies dans le bidonville de Nanterre, réparti en plusieurs zones, en 1964, fait savoir Actu.fr, ajoutant que ce chiffre impressionnant équivaut à celui de certaines petites communes des Hauts-de-Seine. Ces personnes entretenaient de bon voisinage. La solidarité était la chose la mieux partagée. Cafés improvisés, petits commerces, lieux de rencontre bricolés… La vie suivait son cours.

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« L’agencement de ces bidonvilles reprend, avec des moyens très limités, les formes d’organisation des médinas maghrébines, avec des habitations regroupées autour de cours communes », estime l’architecte Serge Santelli. Sauf que cette structuration spontanée n’aura pas impacté positivement les conditions de vie des habitants. Ceux-ci continuaient à vivre dans des conditions extrêmement précaires. L’État décide alors de supprimer les bidonvilles et de reloger leurs habitants. C’est ainsi que de grands ensembles comme la cité Pablo-Picasso et l’université de Nanterre avaient-ils été construits.

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Mais le relogement n’était pas total. Une absence de solution durable. Si la loi Debré de 1962 ou la circulaire Guichard de 1973 visent à faire disparaître de manière légale les bidonvilles, elles ne s’attaquent pas aux vraies causes que sont la pénurie de logements abordables, le manque de volonté politique et les discriminations. Le démantèlement du dernier bidonville de Nanterre ne sera effectif qu’en 1972. Certains de ses habitants intégreront un logement social. D’autres n’auront pas cette chance.

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