Des officiers marocains en Israël : l’usine de drones BlueBird au Maroc se confirme
Le projet d’une usine de drones israéliens au Maroc entre dans une phase concrète. Des officiers des Forces armées royales (FAR) sont actuellement en formation au siège de la société BlueBird Aero Systems en Israël, confirmant un transfert de technologie pour la production locale d’un drone kamikaze.
La société BlueBird a confirmé que cette session de formation « précède le lancement du programme SPY-X et la mise en place d’une unité de production au Maroc ». L’usine sera dirigée par des cadres marocains, sous la supervision d’ingénieurs israéliens, comme l’avait annoncé le PDG de l’entreprise fin 2024. Ce partenariat stratégique est une concrétisation de l’accord de coopération militaire et sécuritaire signé entre le Maroc et Israël en novembre 2021.
Un drone “kamikaze” aux capacités stratégiques
Le SpyX, que les FAR vont donc produire, est un drone “kamikaze” (ou “suicide”). Cet appareil a déjà été testé avec succès au Maroc par le passé, notamment lors d’exercices au nord de Boujdour où il a atteint ses cibles, dont un char M60 et un véhicule radar, avec une « très grande précision ». Son acquisition est considérée comme stratégique car il comble un vide capacitaire. Avec une portée de 50 kilomètres et une « charge explosive très importante », il offre une allonge supérieure à l’artillerie conventionnelle (20-25 km) sans avoir la portée des systèmes stratégiques à longue distance.
Le SpyX est décrit comme un équipement « efficace et moins coûteux » qu’un missile antichar, avec un coût unitaire estimé entre 50 000 et 60 000 dollars. Il n’est pas conçu pour des frappes à 1000 km, mais pour être « déployable sur le terrain avec des unités déjà engagées ». Les experts notent que son utilisation contre un véhicule radar, par exemple, pourrait « aveugler toute une batterie de défense antiaérienne ».