O-Sky, un lyriciste innovateur

- 13h12 - Maroc - Ecrit par : L.A

Il est Casablancais. Il est rappeur. Il s’appelle O-Sky. Ecoutez ses chansons avec application, elles contiennent un message. Avec son groupe, c’est le rap culturel. Il est un rappeur qui articule quand il chante et qui ne casse pas du flic dans ses chansons. Ses textes sont ciselés comme le ferait un orfèvre avec ses plus beaux bijoux.

Investi d’une mission ? « Non, pas vraiment, mais je le suis malgré tout, j’ai un micro entre les mains et je m’adresse au plus grand nombre donc, quand je peux apporter des réponses ou les bonnes questions, je n’hésite pas ! », explique O-Sky. Pour lui, un artiste a aussi un rôle important à jouer en société surtout quand les évènements sont aussi importants.

O-Sky, de son vrai nom Moumen Hamouda, est né et a grandi dans le quartier Aïn El Bourja à Casablanca. Un lieu ou la scène rap n’est pas vraiment fertile en artistes.

En 1997, il débute sa carrière en intégrant le groupe Secteur X. Avec Ak Shaolin et Hi-Champ, membre du même collectif, il faisait preuve de tout son réalisme. Et ses lyrics intelligentes ont très vite augmenté sa réputation dans le milieu du hip hop underground, même si on critiquait souvent ses discours radicaux. Tout le long de sa carrière, O-Sky nous montre que son groupe et lui restent un perpétuel innovateur musical de part, entre autres, leur ©univers fantastique.

Mais, O-Sky atteint véritablement le sommet de son art après avoir formé X-Side avec son vieux complice Ak Shaolin, Bigg da Don, Desperado et Dirty P. Dès lors, les cinq rappeurs casablancais commencent à forcer le respect de leurs pairs tel que Thug Gang, Vampire’s Killer Squad entre autres. En 2002, après le départ de Bigg, Desperado et Dirty P, O-Sky et Ak Shaolin participe à la quatrième édition du Boulevard des jeunes musiciens (L’Boulevard). Une participation qui a laissé des échos favorables un peu partout. Leur réputation parmi les meilleurs lyricistes de l’underground était amplement méritée. On en retient surtout le morceau "Style Americano" qui attire l’attention. Car, Il dénonce les protagonistes du Showbiz. Toujours dans la même période, le groupe produit un mini-album intitulé « The Infinity » contenant six tracks dont quatre morceaux : « The R-O-Tine », « Ntaki Hami », « X-Side F’jouj » et « Adab Asseddour ».

Après trois ans d’absence, le groupe réalise son retour avec « Come Back ». Un véritable succès ! Et, c’est un mini-album (maxi) qui captive le plus d’attention que n’importe quel autre produit par son groupe précédemment. Malgré que l’option de la mise en place d’une énorme promotion commerciale de l’album n’a pas été concrétisée. Album très musical, composé de beat hip hop très percutant, « Come Back » restera une étape importante dans la notoriété du Groupe. On y retrouve des collaborations avec Masta Flow de Casa Crew, Dj Key. Il collecte en sept tracks seulement dont cinq titres, l’histoire et l’esprit du groupe. La reprrésentation est tout simplement émouvant. Ressortir un extrait de leurs textes serait vain et ne rendrait justice ni à la fécondité de leur darija, ni à la richesse thématique et textuelle. Autre point fort de ce maxi : le nouveau souffle apporté par Rap Mo et Temps de Dresse, deux nouveau membres.

De « Bine Saddam ou Chaâb » à « 9 Arkane », les paroles instaurent une tension palpable. Avec précision et hargne, X-Side déboulonne les rouages de la politique américaine, dénonce les pratiques de l’industrie du rap, ridiculise la concurrence et critique l’inégalité qui marque société marocaine. « Nous ne vivons pas dans la même sphère. Nous vivons une situation où le changement est urgent. Le problème des inégalités ne se règle pas avec des mots et des espoirs de court terme. C’est une problématique qui nécessite, comme pour le cas de l’écologie, un programme global et transversal. Le problème des quartiers populaires est complexe mais pas compliqué », conclut-il.

Source : Libération - Ayoub Akil

  • Masta Flow, jongleur de mots

    Mohamed Elmalki, alias Masta Flow, membre fondateur du groupe de rap « Casa Crew », et jongleur de mots talentueux et respecté dans la scène de la musique urbaine marocaine, se confie à ALM.

  • Darga, les cactus chantent pour les jeunes du Maroc

    Le groupe Darga (traduisez Cactus) est un des groupes-phare de la musique jeune au Maroc. Composé de 10 musiciens, le groupe sort un album en 2008 intitulé "Stop-Baraka". Pour ces jeunes, la musique est l'expression de « ce qui se passe actuellement au Maroc et sur les réels problèmes de la jeunesse ».

  • Would Chaâb, enfant du peuple

    Une chanson qui cartonne, des textes “politiquement incorrects” et un flow d'une redoutable efficacité… La carrière de Would Chaâb, le lauréat de L'Boulevard 2007, ne fait que commencer. “J'aime beaucoup ce que fait Would Chaâb. Non seulement il est l'un des meilleurs producteurs du moment, mais sa musique se distingue par des textes percutants et un certain franc-parler. Et c'est quelque chose de plus en plus rare dans le rap marocain”. Le compliment est de taille, surtout qu'il sort de la bouche de Bigg, qui n'a pas pour habitude d'encenser ses confrères rappeurs.

  • Le Rap et le Hip Hop font un tabac

    Ils font un tabac aussi bien chez les exclus du derb populaire que dans la jeunesse dorée des quartiers chics. Si le rap et le hip-hop marocain apparaissent de plus en plus comme « la musique de la jeunesse », ce style a par contre d'immenses difficultés à convaincre des maisons de disques et des pouvoirs publics qui hésitent -et ce n'est pas un euphémisme- à cautionner ces expressions inédites de la musique.

  • Le rap contestataire au Maroc : La loi du fric

    Le rap est-il contestataire ? En paroles, peut-être. Mais, pas en affaires. Dopés par une avalanche de sponsors tels que Méditel, Maroc Telecom, entre autres, les rappeurs marocains se sont convertis à l'ultralibéralisme. Désormais, ils affichent sans complexe leur ambition : profiter au maximum du système. Revanche sociale d' « ex-pauvres » ou arrogance de « nouveaux riches », la course aux royalties excite les jalousies dans l'entourage des artistes. Intimidations, coups de poing et rumeurs sont monnaie courante. Quand la culture violente de la rue se conjugue au cynisme d'un marché saturé, c'est toute la scène rap qui tangue.

  • Cheba Maria rêve d'un duo avec Khaled

    La chanteuse marocaine, Cheba Maria, est au Maroc pour la sortie de son DVD Live Tour, un florilège des prestations de l'artiste sur les scènes européennes. Après cette escale dans son pays natal, l'artiste entamera une tournée pour la promotion du nouveau produit dans plusieurs pays d'Europe, notamment en Allemagne, Hollande, Belgique et au Moyen-Orient, à Dubaï, où elle compte de nombreux fans.

  • Fez City Clan, la machine du rap marocain

    En attendant les stars marocaines de H-Kayne, dimanche soir, ce sont les Fez City Clan qui ont retourné le public de la ville du Sahara ce jeudi. Bosseurs infatigables et professionnels jusqu'au bout des ongles, les cinq rappeurs du groupe dénoncent la course à l'argent facile qui s'est emparée du royaume.

  • Rap non grata sur les ondes marocaines

    Il est énervé, Mobydick. Un peu comme la baleine dont il porte le nom : “Toc Toc, chouf chkoun veut enterrer le rap marocain, le rendre plus underground qu'il ne l'est déjà”, s'insurge en rimes le rappeur rbati, attablé dans un café avec les Slaouis Essofy et Z-One. Les trois rappeurs sont réunis, avec une vingtaine de leurs “confrères” (dont le “faux retraité” tangérois Muslim), dans un projet explosif aux relents insurrectionnels : Mamnou3 f'radio. Une compil' 100% contestataire, originellement cogitée par Youssef Amerniss, créateur et webmaster du portail Internet Raptiviste.net, avec l'équipe du défunt hebdomadaire L'Espoir citoyen.

  • La fabuleuse carrière de Dj Youcef

    La fabuleuse carrière de Dj Youcef, de son vrai nom Youssef Erraji, commence à 15 ans dans les boîtes les plus prisées de Casablanca avant de prendre son élan notamment à Toulouse. Grâce à ses mix endiablés, il séduit les plus grands artistes maghrébins comme Jedwane, Cheb Mami, Cheb Bilal et bien d'autres, qui l'invitent à ouvrir leurs spectacles. Interview.

  • Najib Slimani, une voix rock

    Il s'appelle Najib Slimani, il a 34 ans et il sortira son premier album le mois prochain. Après une première expérience sur la scène en compagnie du groupe jdidi « Strange Feelings », le jeune chanteur se lance dans une carrière solo. Pendant une année, ce musicien à la voix envoûtante a repris pour le groupe les gloires rock et pop des années 1970. Des Rolling Stones à Tracy Chapman en passant par Georges Michael et Michel Bolton, autant de noms ont inspiré le chanteur et l'ont poussé à percer dans un genre délaissé par les jeunes. Les talents du groupe ne se sont pourtant pas contentés de chanter des reprises, ils se sont mis à la création en signant le titre « Expression of love ».