Il paie ses salariés avec ses économies : trois ans plus tard, ses boulangeries réalisent sept fois plus de chiffre d’affaires
À Amsterdam, Mourad Saber a puisé dans ses économies pour payer les salariés de sa boulangerie au bord de la faillite. Trois ans plus tard, l’entrepreneur d’origine marocaine dirigeait avec ses associés quatre établissements et affichait un chiffre d’affaires multiplié par sept.
Mourad Saber se souvient parfaitement du moment où tout aurait pu s’arrêter. Quelques mois après l’ouverture de sa boulangerie Louf, à Amsterdam, les difficultés financières s’accumulent. Deux investisseurs potentiels examinent les comptes et lui annoncent que l’entreprise est « techniquement en faillite ». Ce mois-là, Mourad paie les salaires avec ses propres économies. Avec ses associés, il décide d’injecter une nouvelle fois de l’argent dans l’affaire. Quelques mois plus tard, ils parviennent à obtenir un financement qui sauve l’entreprise.
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L’aventure avait commencé en 2021, presque par hasard. Mourad, qui possède déjà une agence de communication, fréquente régulièrement une boulangerie marocaine d’Amsterdam. Son propriétaire traverse une mauvaise passe et lui demande conseil. L’entrepreneur voit une occasion à saisir. Il convainc deux connaissances du secteur de la restauration de s’associer au projet et rédige une offre de rachat au dos d’une vieille facture d’électricité.
D’origine marocaine, Mourad rêve alors de faire découvrir aux habitants d’Amsterdam le pain traditionnel marocain cuit à la poêle. Avec ses associés, il choisit finalement de développer une boulangerie artisanale spécialisée dans le pain au levain, les viennoiseries, les pâtisseries et le café. Louf ouvre son premier établissement en 2022, dans la Bilderdijkstraat.
De quatre à quarante salariés
Les débuts sont mouvementés. Les autorisations administratives retardent l’ouverture, le boulanger principal démissionne et le pâtissier tombe malade. Parallèlement, les prix des céréales, du lait et des œufs flambent avec la guerre en Ukraine. Les tarifs de vente, fixés au départ à l’intuition, ne permettent pas de couvrir correctement les coûts.
La persévérance des associés finit par payer. Dans un entretien accordé à De Ondernemer en octobre 2025, Mourad, alors âgé de 38 ans, explique que le chiffre d’affaires de Louf a été multiplié par sept depuis son ouverture. L’effectif est passé de quatre à quarante salariés et l’enseigne compte désormais quatre boulangeries à Amsterdam.
L’entreprise a également traversé une bataille autour de son nom. Initialement baptisée Loof, elle a dû devenir Louf après le dépôt de cette marque par une autre société en 2024. En 2025, son pain au levain décroche une médaille d’argent lors du concours néerlandais De Broodsalon.
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La réussite a renforcé l’attachement de Mourad à son quartier. En février 2026, lorsque la municipalité interdit la fabrication du pain dans sa boulangerie de Wittenkade après les plaintes d’un voisin, près de 400 habitants signent une pétition pour soutenir l’établissement, rapporte le journal local De Westkrant. Louf poursuit ses activités avec une production déplacée. Mourad continue également de fournir du pain à plusieurs associations locales. Et parmi ses projets figure toujours cette idée qui l’avait poussé à se lancer en 2021 : proposer un jour son propre pain marocain aux Amstellodamois.