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Paris : deux bureaux de change mêlés à un blanchiment d’argent de la drogue

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3 mai 2003 - 13h43 - Maroc

Deux responsables de bureaux de change du quartier de la Bourse à Paris ont été présentés vendredi à un juge, soupçonnés d’être impliqués dans un circuit de blanchiment d’argent provenant d’un vaste trafic de cannabis.

Peu regardants sur l’origine des liquidités, ils sont suspectés d’avoir échangé des centaines de milliers d’euros contre des lingots d’or, d’une valeur nominale de 10.000 euros.

Ils omettaient également de reporter la totalité de ces transactions dans leur livre de police - document qui permet de détecter les flux suspects - afin de récupérer des commissions substantielles de l’ordre de 3 %.

La police judiciaire des Hauts-de-Seine, assistée du groupe d’intervention régionale (GIR) de Seine-Saint-Denis, estime qu’une tonne et demi d’or a transité depuis ces bureaux qui ont pignon sur rue dans le deuxième arrondissement de la capitale.

Seize personnes ont été arrêtées lundi en région parisienne et présentées vendredi à la juge d’instruction de Bobigny (Seine-Saint-Denis) Anne Verrières. Toutes sont soupçonnées d’être impliquées à des degrés divers dans ce trafic de stupéfiants particulièrement lucratif, estimé à un million d’euros par semaine et qui durait depuis au moins cinq ans.

Agées de 23 à 60 ans, elles devaient être mises en examen vendredi pour « blanchiment aggravé, blanchiment en bande organisée et association de malfaiteurs ».

Le trafic reposait sur les membres d’une famille marocaine, la plupart domiciliés dans les Yvelines, dont un homme, prénommé Mohammed, 27 ans qui qui récupérait l’argent de la vente de cannabis dans la région parisienne, la région lyonnaise, l’est de la France et les pays limitrophes, dont la Belgique et l’Espagne.

Le trafiquant présumé ou ses complices se rendaient ensuite dans des bureaux de change parisiens pour convertir une partie de l’argent du cannabis en lingots.

Un ouvrier à la retraite, 60 ans, domicilié en Seine-Saint-Denis, était alors chargé de transporter les lingots d’or jusque vers la région du Rif au Maroc, bien connue pour sa production de cannabis. Le retraité y trouvait des acheteurs auprès des bijoutiers.

Quant à l’argent non transformé, il était réinvesti dans le trafic de drogue ou l’immobilier.

La série d’arrestations a commencé dans la nuit de dimanche à lundi par l’interpellation de cet ouvrier au volant d’un vieux fourgon Mercedes au péage de Saint-Arnoult (Yvelines). Les policiers ont découvert 400.000 euros dissimulés dans les dossiers des sièges.

Lors des perquisitions aux domiciles d’autres suspects, les enquêteurs ont retrouvé plus d’un million d’euros attendant le départ vers le Maroc.

Parallèlement, la famille marocaine utilisait le milieu de la confection comme couverture. Les enquêteurs, qui ont observé des virements d’un total de plus de 5 millions d’euros en direction de comptes suisses, poursuivent l’enquête sur ce volet.
AFP

Mots clés: France , Paris , Drogues , Contrefaçon

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