A combien s’élève le patrimoine du Maroc ?

1er février 2008 - 19h38 - Ecrit par : L.A

La restructuration de l’administration centrale de la Trésorerie générale du Royaume (TGR), avec création de services déconcentrés opérationnels à compétence nationale, menée tambour battant, commence à donner ses fruits. Depuis sa nomination en septembre 2003 au poste de trésorier général du Royaume, Saïd Ibrahimi tient le haut du pavé. Il multiplie les initiatives pour sortir son institution du carcan bureaucratique, qui remonte à plus de 2 siècles.

A noter que l’actuelle TGR est une émanation de la première organisation financière du Royaume, créée en 1792 et confiée alors aux « Oumana », sorte de trésoriers, sous le règne du Sultan Moulay Slimane.

Bien plus qu’une simple question de confiance, sur la base de l’intégrité des préposés à la gestion du Trésor de l’Etat, l’actuel « Amin » de la TGR, lui, doit faire montre d’une expertise certaine. Saïd Ibrahimi en a à revendre. Ce diplômé en économie, management bancaire international et en génie industriel a une approche cartésienne. A peine aux commandes de la TGR, il met en place, en 2004, une nouvelle organisation et lance le projet de modernisation de l’institution. Ce qui lui ouvre son chantier de prédilection : la mise en œuvre du système de la GID (gestion intégrée de la dépense publique), préfigurant ainsi la mise en œuvre d’un nouveau plan comptable de l’Etat. « Dès début 2009, le système d’information actuel versera directement dans le nouveau plan comptable », précise Ibrahimi. Ce qui, selon lui, permettra d’avoir un bilan d’ouverture où figurera immobilisations, créances et dettes de l’Etat.

Autant dire, le cas échéant, le nouveau plan comptable dévoilera au grand jour la richesse du Maroc. A noter que le patron des Domaines, Abderrahmane Chaoui avoue encore son incapacité à évaluer le patrimoine privé de l’Etat. En 2007, la TGR a recouvré 207 milliards de DH de recettes pour l’Etat. La masse salariale a atteint cette même année 65 milliards de DH pour 650.000 fonctionnaires. Les collectivités locales en ont englouti 19 milliards pour 21 milliards de recettes.

Selon toute vraisemblance, le nouveau plan comptable, encore en chantier, devrait faire basculer la comptabilité nationale d’une logique de caisse à celle d’exercice, à l’instar de ce qui est adopté en entreprise. Autrement dit, le suivi comptable se fera exercice par exercice avec un bilan global à la fin de l’année. Cela, dès l’application de ce plan. Ce qui permettra une évaluation plus pointue du patrimoine de l’Etat. A combien s’élèvera-t-il à la fin de l’exercice en cours ?

Avant, la TGR prévoit de mettre en place un système d’information, début 2009, pour le recueil des données nécessaires. Une démarche confortée par la réforme du contrôle de la dépense publique visant à simplifier la vie aux ordonnateurs (les différents ministères). Le contrôle de la dépense publique devrait leur permettre d’exécuter leurs dépenses de la manière la plus simple possible, « tout en veillant à ce que les deniers publics soient dépensés conformément à la réglementation », a tenu à rappeler Ibrahimi. Cette réforme vise également la simplification et la mise en place d’un contrôle modulé, en fonction de qualification de la capacité de gestion des services ministériels. En ce sens, le système GID (gestion intégrée de la dépense) est pertinent. Un système d’information budgétaire et comptable, unifié pour le pilotage et l’exécution de la dépense publique.

In fine, la batterie de réformes engagées par la TGR devrait faciliter la mise en place et l’application des projets structurants en chantier. Ainsi, le manuel des procédures et l’audit de sécurité des biens, des personnes et du système d’information constituent « une bonne assise pour la mise en place d’un dispositif moderne de gestion des risques et du contrôle interne ».

Le chantier ouvert par le trésorier général du Royaume est gigantesque. Mais il en faut plus pour décourager Saïd Ibrahimi. Il le sait et le dit, « toute bonne gestion est tributaire des ressources humaines de qualité ». Encore plus pour mener à bien une stratégie de restructuration d’une institution dont la mission et les prérogatives ne sont pas toujours aisées à cerner.

La réputation de Saïd Ibrahimi n’est plus à faire. Son passage à la direction générale de la Caisse nationale de crédit agricole, alors au bord du gouffre, fait de lui l’un des rares « messies » marocains pour entreprise en grande difficulté. Auparavant, il avait fait ses classes en France, chez Renault ou encore à la direction de la clientèle et de la stratégie commerciale de Banque nationale de Paris, devenue BNP Paribas. Au Maroc, les études et projets de refonte, qu’il a menés dans différents départements au sein de la BMCI et de l’ex-BMAO, ont fait date.

L’Economiste - Bachir Thiam

Tags : Croissance économique - Politique économique - Patrimoine

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