Du père livreur au fils étoilé : le nouveau prodige maroco-québécois de la gastronomie
Désigné Jeune Chef Québec 2026 par le guide Michelin, Samy Benabed bouscule le paysage culinaire. Sans formation classique, ce cuisinier d’origine marocaine puise sa force dans les sacrifices de ses parents pour sublimer les produits du terroir nordique.
Recevoir une étoile et le titre prestigieux de Jeune Chef Québec 2026 représente pour lui une validation professionnelle majeure. « C’est une confirmation que j’excelle dans mon domaine », avoue-t-il au journal canadien Le Devoir. Cette consécration prend tout son sens lorsqu’il observe les réactions en salle. Le jeune homme confie être extrêmement touché de voir des clients fondre en larmes lorsque les saveurs ravivent de lointains souvenirs d’enfance.
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Derrière cette ascension se cache une profonde reconnaissance familiale. Né à Trois-Rivières, Samy Benabed attribue sa réussite à ses parents immigrés du Maroc. Malgré des moyens financiers limités et un père travaillant comme livreur pour l’enseigne Ti-Coq, le foyer n’a jamais laissé transparaître ces difficultés matérielles. Ses parents ont toujours encouragé leurs enfants à poursuivre leurs véritables passions, un soutien inconditionnel qui a forgé le caractère du chef.
Dans ses assiettes, cette liberté s’exprime à travers une identité culinaire qualifiée de nordique et forestière. Le chef travaille avec les produits de son environnement, des légumes cultivés par les fermiers locaux aux ingrédients sauvages comme les champignons, les fleurs ou les herbes aromatiques. Le climat rigoureux l’oblige à anticiper : il conserve les récoltes estivales et automnales pour composer ses menus d’hiver, des créations dont il se dit particulièrement fier car elles exigent une créativité accrue.
Cette ingéniosité compense un parcours atypique, éloigné des circuits académiques traditionnels. Durant sa scolarité, l’adolescent a multiplié les options, passant des sciences aux langues, jusqu’au sport-études. Après l’obtention d’un baccalauréat en philosophie à Montréal, il s’inscrit à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, mais abandonne la formation. C’est en travaillant directement derrière les fourneaux de bons restaurants que son intérêt pour la gastronomie a véritablement explosé.
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Guidé par son instinct, ce bouillonnement intellectuel laisse présager une carrière en constante évolution. S’il s’épanouit actuellement dans la gastronomie, le Marocain n’exclut pas de faire autre chose à l’avenir. Animé par un besoin d’apprendre, il explore aujourd’hui son expression musicale en parallèle de ses cuisines.