Le rêve canadien vire au cauchemar pour un étudiant marocain

- 21h00 - Monde - Ecrit par : P. A

Venu chercher avenir meilleur au Québec, un étudiant marocain voit son projet tourner au désastre. Son école montréalaise accumule de graves erreurs administratives, ruinant son statut migratoire et le plongeant dans une profonde détresse financière et psychologique.

Ilyas Bounfit a quitté le Maroc pour s’inscrire en informatique à l’Institut Teccart. Ce rêve s’est vite transformé en cauchemar éveillé. Sa mère a dû contracter d’énormes dettes au pays pour financer sa scolarité, tandis que son père souffre de problèmes de santé. L’école a multiplié les ratés, allant jusqu’à lui imposer un échec et exiger un nouveau paiement pour un examen qu’un professeur démissionnaire n’avait jamais corrigé.

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Incapable de prolonger son permis d’études à cause de ce dossier scolaire tronqué, le jeune homme risque l’expulsion sans rien en poche. « Je ne peux pas rentrer sans diplôme. Je serai un poids pour ma famille », s’alarme-t-il, avouant avoir fait un séjour à l’hôpital suite à des pensées suicidaires.

Ce calvaire illustre les dérives pointées par l’enquête du média québécois La Presse. D’anciennes employées, dont les postes ont été supprimés à l’automne, dénoncent le traitement inacceptable réservé aux élèves étrangers. L’orthopédagogue Maude Huard s’est battue en vain pour que la direction assume ses erreurs auprès de l’Immigration.

Pire encore, l’établissement modifierait les filières ou les campus des nouveaux arrivants à leur insu pour des questions de quotas. Ces jeunes se retrouvent alors contraints d’accepter ce changement par peur de perdre leur statut. Une situation explosive alors que les effectifs internationaux de cette structure privée sont passés de 312 à plus de 1 800 étudiants en seulement quatre ans.

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À ce chaos administratif s’ajoute un enseignement souvent qualifié de catastrophique. Les témoignages font état d’évaluations bradées et de professeurs au français incompréhensible, quand ils ne disparaissent pas purement et simplement en plein trimestre. Une mère de famille fustige une désorganisation qu’elle n’a « jamais, jamais, jamais vue, de toute sa vie ». Face à l’ampleur du scandale, le gouvernement a déclenché une investigation officielle sur le climat et la gouvernance de l’institution. Fuyant les demandes d’entrevue, la direction se contente d’affirmer par écrit qu’elle collabore de bonne foi à cette démarche administrative.

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