Grève des transports à Casablanca : 3,2 millions de DH de pertes pour M’dina bus

- 16h34 - Maroc - Ecrit par : L.A

La semaine dernière, la ville de Casablanca a été paralysée par un mouvement de grève observé par les employés de m’dina bus. Les usagers surpris, perdus, se sont rués vers les taxis qui ont doublé leurs tarifs. À l’origine du mouvement de grève de deux jours, un conflit opposant l’administration et les salariés. Ces derniers vivent une situation assez précaire suite à un non-versement des cotisations de la CNRS, CIMR et Cnops depuis près de 17 mois.

Alors même que des prélèvements continuaient à être effectué sur leurs salaires. Les grévistes ont aussi soulevé les questions d’organisation du travail, de pénibilité et d’avenir des retraites. Un ras-le-bol collectif exprimé les 15 et 16 juillet dernier. Le transporteur casablancais s’est réuni mercredi soir avec son staff et les syndicats. Finalement, les employés ont obtenu gain de cause. « L’administration a promis de payer ses arriérés de cotisation à la CNSS et à la CIMR », se réjouit Azzoum Mustapha, secrétaire général de la Fédération démocratique du travail (FDT).

Pour ce qui est de la mutuelle, m’dina bus promet à ses salariés de normaliser la situation au bout de trois mois. Ahmed Kaoukab, secrétaire général de la Confédération démocratique du travail (CDT), se veut rassurant, « le versement se fera selon un échéancier qui sera rendu public ». Le suivi sera assuré par les syndicats. Contactés à plusieurs reprises par L’Economiste, les responsables de m’dina bus sont restés injoignables.

Quant aux augmentations salariales, elles n’ont pas fait l’objet des débats car les syndicalistes estiment qu’il est « encore top tôt pour en parler ». Tout est bien qui finit bien ! Pas tout à fait. Car la cessation d’activité pendant deux jours a fait subir de grosses pertes à m’dina bus. Les salariés ont dû partager les désagréments financiers. L’on reproche aux grévistes de ne pas avoir donné à l’administration le temps d’assurer un service minimum et de prévenir les usages. Maître Haji Amine, avocat, insiste sur l’aspect organisationnel de la grève : « Avant de suspendre une activité publique, il faut négocier et prévenir. Les salariés ont une part de responsabilité car le service qu’offre m’dina bus n’est pas une activité purement privée ».

Conséquence de ces deux jours de grève, 1,6 à 1,7 million de DH/jour. Grévistes et administration se sont entendus pour partager les pertes. Une journée de salaire sera retenue. Les syndicats ont jugé cette sanction équitable.

Source : L’Economiste - Amira Khalfallah

  • Grève surprise des transports, Casablanca paralysée

    Les Casablancais se sont réveillés hier sur une grève surprise des salariés de m’dina bus. Si la grève est un droit garanti par la loi fondamentale du pays, il n’en demeure pas moins que son utilisation donne lieu (…)

  • Conflits sociaux : 25 grèves au mois de juin

    Thermomètre du climat social, les statistiques sur les conflits collectifs deviennent mensuelles. Le ministère de l’Emploi a mis en place un système pour un suivi de la « température » sociale et s’apprêterait à (…)

  • 56 détenus islamistes en grève de la faim dans un état critique

    Cinquante-six détenus islamistes marocains en grève illimitée de la faim sont dans un état critique, a indiqué jeudi le Forum de la dignité pour les droits de l'Homme. "Aujourd'hui 267 détenus, dont 56 dans un état (…)

  • Nouvelle grève générale au Maroc

    L’appel à la grève générale au Maroc qui est observé aujourd'hui a été lancé par une seule centrale syndicale parmi les cinq les plus représentatives du Royaume. C’est la Confédération démocratique du travail (CDT) (…)

  • L'Etat ne paiera plus les jours de grève

    « La grève est un droit consacré par l’article 14 de la Constitution », rappelle Afriat Abdelmalek, membre du comité administratif de la Confédération démocratique du travail (CDT) et secrétaire général du Syndicat (…)