Pollution et environnement font perdre 133 200 années de vie en bonne santé aux enfants marocains
La pollution, la dégradation de l’environnement et les risques climatiques ont un coût sanitaire considérable pour les enfants au Maroc. Une étude du ministère de la Santé et de l’UNICEF l’estime à 133 200 années de vie en bonne santé perdues chez les moins de 18 ans.
Publiée en juin 2026, l’analyse s’appuie sur les données 2021 du Global Burden of Disease de l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME). Elle examine 16 facteurs de risque, parmi lesquels la pollution de l’air, l’eau et l’assainissement, l’exposition au plomb ou encore les températures extrêmes. Le rapport du ministère de la Santé et de l’UNICEF
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Les auteurs évaluent à 133 200 le nombre d’années de vie corrigées de l’incapacité (AVCI) perdues chez les Marocains de moins de 18 ans en raison de ces facteurs. Cet indicateur additionne les années perdues par décès prématuré et celles vécues avec une maladie ou une incapacité. Il ne correspond donc pas à un nombre de décès.
Cette charge représente 1 031 années de vie en bonne santé perdues pour 100 000 enfants et jeunes.
La pollution de l’air pèse particulièrement lourd
La pollution de l’air par les matières particulaires est l’un des principaux facteurs identifiés. Elle est associée à 67 453 AVCI chez les moins de 18 ans, soit plus de la moitié de la charge totale attribuée aux facteurs environnementaux et climatiques étudiés.
Les plus jeunes concentrent l’essentiel de ces pertes. Sur les 133 200 AVCI recensées, 112 892 concernent les enfants de moins de cinq ans. Pour la seule pollution de l’air par les particules, cette tranche d’âge représente 65 004 AVCI.
L’exposition au plomb constitue un autre sujet de préoccupation. L’étude lui attribue 4 511 AVCI chez les moins de 18 ans. L’UNICEF estime par ailleurs que près de 1,9 million d’enfants au Maroc pourraient présenter une plombémie supérieure au seuil de référence retenu dans ses estimations, même si les sources d’exposition restent insuffisamment documentées.
Le rapport recommande donc une enquête nationale pour mesurer directement l’exposition des enfants au plomb et identifier ses principales sources. Plus largement, il appelle à renforcer la surveillance des effets de la pollution atmosphérique, du stress thermique et de la raréfaction de l’eau sur la santé.
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Les 133 200 années perdues restent une estimation calculée à partir de données de 2021, et non un décompte de maladies ou de décès enregistrés en 2026. Elles donnent néanmoins une mesure du poids considérable que les risques environnementaux font peser sur la santé des enfants marocains.