Le Maroc continue à faire des prisonniers politiques

- 23h20 - Maroc - Ecrit par : L.A

Tôt ce vendredi matin, la nouvelle s’est répandue. Hajj Nacer, 95 ans, condamné à trois de prison pour atteinte aux valeurs sacrées, est mort en détention, derrière les barreaux de l’établissement pénitentiaire de Settat. Le record est battu : le Maroc, le plus beau pays du monde, chante la pub de l’Office du tourisme, avait son plus vieux prisonnier du monde. Mauvaise nouvelle, le Royaume vient de le perdre…

"Il y a maintenant le militant Bougrine, membre fondateur de l’Association marocaine des droits humains, qui a bien 73 ans. Il est aujourd’hui incarcéré à la prison de Beni Mellal, condamné à trois ans de prison pour avoir, lui aussi, porté atteinte aux valeurs sacrées alors qu’il participait à une manifestation de solidarité avec les détenus du 1er mai, dont plusieurs étaient membres de l’Association marocaine des droits humains", rappelle un activiste de l’AMDH.

Et ce vendredi 15 février, la présidente de l’Association marocaine des droits humains, entourée de plusieurs dizaines de militants, tenait sit in devant le Parlement pour réclamer "la liberté pour tous les détenus de l’AMDH et pour tous les détenus politiques". Au cœur de l’avenue Mohammed V, et sous haute surveillance, les activistes ont scandé des slogans pour revendiquer "une justice indépendante et intègre" et dénoncer les motifs d’inculpation qui tirent leur source du sacré. "Condamnation populaire des prisons marocaines", ont martelé les manifestants, sous le regard goguenard des forces de l’ordre.

"Depuis le 13 février et jusqu’au 19 du même mois, notre Association organise une semaine d’action pour que soient libérés les prisonniers d’opinion. Les condamnations pour atteinte aux valeurs sacrées n’en finissent pas d’être prononcées. Cela nous inquiète car n’importe quel citoyen peut en être victime. De même que nous militons pour la liberté des détenus d’opinion, qu’ils soient de gauche, islamistes ou sahraouis", soutient un membre du bureau central de l’Association.

Une campagne nationale mais aussi internationale -Amnesty international- s’est mobilisée pour ce dossier de la détention alors qu’un "comité pour la libération des détenus du 1er mai et tous les prisonniers démocrates au Maroc" s’est constitué en Belgique- est ainsi organisée.

La mobilisation s’organise et dans toutes les villes où sont détenus les condamnés pour atteinte aux valeurs sacrées ou dans le cadre d’événements sociaux des sit-in ont été observés devant les prisons, de Beni Mellal à Agadir, de Fès à Ksar El Kébir. Une grève de la faim de 24 heures a été symboliquement organisée samedi 16 février dans les locaux du Syndicat national de la presse marocaine à Rabat.

"Nous assistons à des procès politiques qui se tiennent sans garanties et loin des conditions d’équité. C’est une manière de se venger des activistes. La crainte est de voir aujourd’hui ceux qui veulent régler des comptes brandir la carte de l’atteinte aux valeurs sacrées", affirme haut et fort la présidente de l’AMDH, Khadija Raydi.

Source : Libération - Narjis Rerhaye

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