Quatre ans de prison et une expulsion réclamés : un Marocain repart libre avec 120 € d’amende

- 00h00 - Espagne - Ecrit par : Nadia El Aoudani

Deux légionnaires affirmaient avoir été attaqués au spray au poivre lors d’une intervention à Sebta. Le Marocain poursuivi risquait également dix ans d’interdiction d’entrée en Espagne. Les incohérences relevées dans les témoignages ont changé l’issue du procès.

Les déclarations des deux militaires ont fait basculer le dossier. L’un affirme que le Marocain a utilisé un spray au poivre alors qu’il était tenu par les deux bras. Le second a livré plusieurs versions, allant d’un aérosol sorti après une fouille à une utilisation que les militaires auraient empêchée.

La juge du tribunal de Sebta a estimé que ces témoignages étaient « confus », notamment sur le déroulement de l’intervention et la mission exercée par les légionnaires. Elle a écarté l’accusation d’attaque contre l’autorité, rapporte Europa Press.

Les faits remontent au 7 septembre, vers 0 h 30, dans le secteur du Tarajal. Des militaires en uniforme avaient demandé à cet homme de présenter ses papiers près d’un campement de migrants. Arrivé à Sebta fin juillet, il avait déposé une demande d’asile.

Le parquet réclamait quatre ans de prison pour attaque contre l’autorité avec un instrument dangereux. Il proposait de remplacer cette peine par une expulsion vers le Maroc et dix années d’interdiction de retour en Espagne.

Un spray au poivre et deux blessures légères

Le jugement retient l’utilisation d’un spray au poivre. Les deux légionnaires ont souffert d’irritations aux avant-bras et de toux, avec des blessures guéries en une journée. Le Marocain a été condamné pour deux blessures légères, à raison de 60 euros par militaire, auxquels s’ajoutent les frais de justice.

Lors de l’audience du 19 octobre, l’intéressé avait assuré que les militaires l’avaient frappé et aspergé de gaz. Son avocat, Yoel Rio, a produit un rapport médical faisant état de blessures à la tête, aux yeux et de la perte d’une dent. Cette pièce a été écartée lors des débats préalables, précise El Pueblo de Ceuta.

La défense envisage de faire appel et de porter plainte contre les deux légionnaires. Le jugement, rendu public le 22 octobre, peut encore être contesté.