Le racisme gagne du terrain en Espagne

- 00h00 - Espagne - Ecrit par : L.A

Les formations politiques prônant un discours anti-immigrés ou développant des thèmes racistes ont pu obtenir 50 sièges lors des élections municipales du 27 mai dernier dans 14 villes à travers l’Espagne.

Le phénomène est encore à ses débuts dans un pays où l’immigration est un phénomène récent mais il commence à inquiéter dans une Espagne qui a tourné le dos à la dictature franquiste voilà trente ans et où les partis d’extrême droite ont été bannis, du moins sur le plan national. Mais à la faveur des élections locales, les formations "ultra", d’ "extrême droite" ou anti-immigration ont "gagné le pouvoir" municipal en jouant sur le rejet de l’étranger immigré.

C’est qu’en quatre ans, ces formations récentes ont doublé leur pouvoir municipal et étendent leurs tentacules du Sud au Nord de l’Espagne en remportant des sièges dans 14 villes différentes. Dans leur propagande électorale et de manière plus virulente sur leurs sites Internet, ces extrémistes, dont des émules affichés de l’extrême droite de Jean Marie le Pen, jouent sur la fibre du "patriotisme espagnol" et reprennent les slogans habituels faisant l’amalgame entre l’immigration et la délinquance et imputant le chômage des Espagnols aux étrangers.

Le leader de "Fuerza Nueva", une formation d’extrême droite en Catalogne demande ainsi "l’expulsion immédiate de tous les immigrés en situation irrégulière", alors que le chef de "Democracia Nacional" crie à "l’invasion" et qualifie l’Espagne " de réceptacle mondial de l’immigration". Mais pour être plus clair, il a choisi le slogan électoral ""Immigration, chômage, terrorisme, ne les laissez pas détruire l’Espagne".

Dans la même veine xénophobe et raciste , le Parti de l’Action Démocratique Espagnole appelle au vote pour éviter que "les Espagnols qui sont parfois dans des situations pires que les immigrés ne soient pas privés des aides sociales, médicales et de logement qui profitent aux immigrés". Ou plus simplement "les Espagnols, d’abord".

La campagne xénophobe a porté ses fruits puisque tous ces partis sont désormais au pouvoir local. Le cas le plus frappant est celui du Parti de l’Action Démocratique Espagnole qui a raflé 20 sièges. Ailleurs, en Catalogne, on enregistre l’avancée spectaculaire de deux formations : la Plate-forme pour la Catalogne qui a vu ses sièges passer de 6 à 17 et Espana 2000 qui compte, pour la première fois, deux conseillers municipaux. Le cas le plus spectaculaire est celui d’une localité près de Caceres qui compte 10.000 habitants, dont une très forte communauté de travailleurs marocains, et qui a reçu en 2004 la médaille de "la convivialité" pour la cohabitation paisible entre 23 nationalités, allant des Sénégalais aux Polonais, en passant par les Equatoriens et les Mauritaniens. Dans cette commune baptisée "Tour de Babel" où les immigrés ont commencé à affluer dans les années 90 pour la cueillette du tabac, une formation jusque là inconnue et baptisée "Iniciativa Habitable" a bouleversé la donne politique en faisant de l’immigration son cheval de Troie. Elle est désormais à égalité avec les partis démocratiques traditionnels.

Avec des slogans tels que : "on ne peut plus charger la barque, sinon elle coule ", "la tuberculose est introduite par les immigrés", la formation qu’on soupçonne d’être derrière la mobilisation contre l’édification d’une mosquée, est désormais au pouvoir pour quatre ans. Des organisations des droits de l’Homme ont demandé à la justice d’ouvrir une procédure pour "discours chargé de préjugés racistes et xénophobes et d’une grande dose de fanatisme".

Au niveau des partis traditionnels, le registre anti-immigration n’a pas été exploité durant la campagne électorale à part quelques cas isolés, dont le plus notoire est celui du candidat du PP à la mairie de Barcelone qui s’est illustré par ses déclarations fracassantes contre la construction d’une mosquée par la communauté musulmane dans la ville.

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