Radioactivité dans les légumes : des chercheurs marocains découvrent des différences inattendues
Tomates, aubergines, pommes de terre ou encore grenades : des chercheurs marocains ont analysé neuf cultures pour mesurer leur teneur en éléments radioactifs. Leur étude, publiée le 8 octobre, révèle des différences surprenantes entre les légumes et le rôle déterminant des sols dans leur absorption.
Dans les champs marocains, toutes les plantes n’absorbent pas les mêmes substances de la même manière. Certaines retiennent davantage de potassium radioactif, d’autres laissent passer beaucoup moins de radium ou de polonium. Pour comprendre ces différences, une équipe de scientifiques a prélevé des échantillons de terre et de végétaux dans une région agricole semi-aride du royaume.
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Les résultats, publiés jeudi 8 octobre dans la revue scientifique Environmental Monitoring and Assessment, portent sur neuf cultures courantes, parmi lesquelles les tomates, les aubergines, les pommes de terre, les oignons, les grenades, les betteraves et la coriandre. Huit éléments radioactifs ont été recherchés, dont le radium 226, le polonium 210 et le potassium 40.
Ce dernier réserve d’ailleurs une particularité. Naturellement présent dans l’environnement, il accompagne le potassium dont les plantes ont besoin pour grandir. Résultat : sa concentration dans certains végétaux peut dépasser celle mesurée dans le sol. À l’inverse, le césium 137, un élément radioactif d’origine artificielle, se situait le plus souvent sous les limites de détection dans les cultures analysées.
Pourquoi les aubergines et les cardons se distinguent
Deux légumes ont particulièrement retenu l’attention des chercheurs : l’aubergine et le cardon. Ils présentent des valeurs de transfert élevées pour certains radionucléides. Autrement dit, ils peuvent en accumuler proportionnellement davantage que d’autres plantes cultivées dans des conditions comparables.
Mais le comportement des légumes ne dépend pas uniquement de leur variété. La composition de la terre joue aussi un rôle essentiel. Les scientifiques ont constaté que la matière organique et la capacité du sol à retenir et échanger certains éléments chimiques influencent fortement leur passage vers les racines.
À l’inverse, les sols riches en carbonates ou présentant une salinité élevée tendent à limiter la mobilité de ces substances. Une particularité intéressante dans les régions sèches, où ces caractéristiques sont fréquentes.
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L’étude s’intéresse également à l’exposition que pourrait entraîner la consommation de ces produits. La présence d’éléments radioactifs naturels dans les aliments n’a rien d’exceptionnel et ne signifie pas, à elle seule, qu’ils présentent un danger pour la santé.
Pour les chercheurs de l’université Hassan II et du Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN), ces analyses permettent surtout de mieux comprendre comment les radionucléides circulent dans les terres agricoles marocaines et d’affiner la surveillance radiologique des cultures.