Connaît-on le Roi ?

- 12h07 - Maroc - Ecrit par : L.A

Parce que c’est le Roi, il fascine. Et parce que les temps ont changé, tout le monde peut en parler librement. Mais que sait-on de SM Mohammed VI au juste ? Pas grand-chose, le Souverain n’ayant pas franchement un penchant pour la communication. Pourtant…

La scène se passe dans le salon de Driss Jettou. C’était la semaine dernière. L’ex-Premier ministre avait réuni la presse pour défendre la politique du gouvernement qu’il dirigeait jusqu’en septembre dernier. Notamment en matière d’immobilier et de cession du foncier public. Driss Jettou expliquait donc tous les efforts déployés par l’Etat pour encourager les promoteurs à investir au Maroc. Il dit : « Les investisseurs ne sont pas venus tout seuls. Il y en a que nous sommes allés chercher chez eux, d’autres que nous avons relancés plusieurs fois avant de les voir accepter, malgré toutes nos mesures incitatives… ». Puis, poursuivant sur sa lancée, il ajoute : « Sa Majesté ne cessait de nous dire : allez-y, saisissez toutes les opportunités, tant qu’il y en a. Faites tout ce que vous pouvez. Cette fenêtre peut à tout moment se refermer… Sa Majesté s’impliquait lui-même. Il y a des projets que nous n’avons eus que parce qu’il a utilisé son carnet personnel… ».

Ces quelques phrases ont eu un effet radical. La salle s’est tout à coup figée. Tous les yeux étaient rivés sur Driss Jettou et l’assistance était suspendue à ses lèvres. C’était là de rares confidences sur le Roi que, dans la foulée de sa plaidoirie, un homme d’Etat laissait échapper. Alors, bien sûr, les journalistes, toujours friands de détails inédits sur le Souverain espéraient en apprendre plus - or, Driss Jettou était déjà passé à autre chose - mais leur étonnement venait aussi de ce qu’ils apprenaient que le Roi pouvait mettre autant de passion à galvaniser une équipe, à mettre en œuvre une politique et à défendre les intérêts du pays !

Tout professionnels de la communication qu’ils sont, les femmes et hommes de média n’ont aucune idée de ce que pense réellement le Roi, de ce qu’il fait concrètement, ou du degré de sa détermination dans quelque domaine que ce soit (et qui dit ignorance des média, dit ignorance de l’opinion publique en général puisque celle-ci compte, pour être informée, sur ceux-là).

Le fait est que l’image que le commun des Marocains a du Roi est juste celle que leur renvoient les media publics (les deux télés). Celle d’un homme toujours calme, presque gêné d’être l’objet de toutes les attentions. Et surtout toujours silencieux… Sauf quand il lit ses discours (pour lesquels on ne se décide toujours pas à lui proposer un prompteur afin qu’il donne l’impression de regarder les téléspectateurs dans les yeux quand il s’adresse à eux). Ou quand il pose des questions à ceux qui lui présentent les maquettes des projets lancés ou inaugurés, mais on devine seulement qu’il pose ces questions sans entendre sa voix.

Quand on apprend donc que le Roi se bat pour des projets, qu’il a un sens de l’humour insoupçonné, qu’il pique des colères jusqu’à faire trembler les murs ou des fous rires comme cela arrive à tout être humain, on ne peut s’empêcher de dresser l’oreille. Dans la conscience collective et l’image que l’on s’y fait de lui, il n’est pas dans ces rôles-là !

C’est que le Roi Mohammed VI a un autre style que son père et l’opinion publique ne s’est toujours pas faite à cette idée-là. Le style Mohammed VI, c’est l’action, la détermination, mais… La discrétion !

Discrétion au point que les professionnels de la communication en sont réduits, pour parler de lui, soit à analyser son action (pour les plus sérieux d’entre eux), soit à lui prêter des intentions (quand il s’agit de plumes en quête de sensationnel ou carrément de provocation). Lui prêter des intentions va parfois très loin, comme l’a fait le journaliste espagnol Pedro Canales qui annonçait sur le site Tamazghapress.com, le 9 juillet dernier, que le Roi du Maroc allait renoncer au pouvoir.

Le style Mohammed VI qui a peut-être évolué, ou s’est précisé à la faveur de ses 9 ans de règne, mais qui est celui que l’on peut constater aujourd’hui, se résume finalement dans la formule : action, détermination et tant pis pour la communication…

Source : Le Reporter - Bahia Amrani

  • Jettou : « Sur le foncier, j'assume ! »

    « Je ne regrette rien, j'assume tout et si c'était à refaire, je referai exactement la même chose ». C'est en ces termes que Driss Jettou, l'ancien Premier ministre, démarre sa rencontre avec la presse nationale, à son domicile, le mardi 22 juillet 2008. C'est sa première sortie médiatique après sa retraite des affaires politiques. « Je suis encore tenu par le devoir de réserve sur pas mal de dossiers », tient-il à préciser.

  • Jamel Debbouze : Je suis exubérant et profondément timide

    Écouter Jamel, c'est du bonheur en barre. Tout est bon, il n'y a rien à jeter. L'intelligence, la drôlerie, l'émotion brute qu'il balaye vite parce qu'il ne se reconnaît pas le droit de se plaindre. Respectueux du travail de l'autre, il ne demandera pas à relire son entretien. Glissera juste une petite supplique à la fin : « Réécrivez mieux que je parle, et rajoutez des subjonctifs et des conditionnels, s'il vous plaît. » Pas besoin, c'est parfait tel quel.

  • Jamel : "J'ai fait comédien pour un sandwich au camembert !"

    C'est en 1989, alors qu'il n'avait que quatorze ans, qu'un éducateur, directeur d'une compagnie théâtrale, avait repéré Jamel, avec « ses yeux qui pétillaient et sa tchatche ». Le gosse de banlieue abandonne alors son BEP « force de vente ». Engagé sur Canal + en 1997, il donnera son premier one man show en 1999 et enchaînera les succès. Talent, amour, gloire et beauté : tout réussit aujourd'hui à Jamel Debbouze. Mais ses yeux pétillent toujours autant - sa gentillesse aussi. Il nous parle de « son » prochain film « Parlez-moi de la pluie »…

  • Interview de Morjana Alaoui pour la sortie du film "Martyrs"

    « Très peu de temps avant le début de Martyrs, une autre comédienne était déjà prévue. Mais elle m'a planté. Donc je suis reparti en casting, un peu dans la panique. J'ai rencontré beaucoup de filles différentes pour remplacer la précédente. Je désespérais de la trouver parce que toutes les nanas se ressemblaient. Soit le profil de la jeune comédienne parisienne qui a les mêmes goûts et les mêmes peurs que tout le monde, un peu bridée par son agent. Une amie qui travaille à Canal+ m'a conseillé de voir un film qui s'appelle Marock. Elle m'a dit : "je ne sais pas ce que tu en penseras mais il y a une nana qui joue le rôle principal, elle n'a pas tourné de rôle depuis, je ne comprends pas".

  • Au secours, je ne veux pas y aller !

    Comme toujours, quand la période estivale approche une des plus importantes questions de l'année résonne dans nos chères banlieues, « alors le bled ct'année ? »

  • 37 prétendants pour cinq licences radio et deux TV

    C'est le 31 juillet que la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) devait se prononcer officiellement sur la recevabilité juridique des demandes de licences audiovisuelles et ce n'est que le 11 août que la deuxième vague de libéralisation entrera dans sa phase d'appel d'offres.

  • MRE : Une autre facette du conflit des générations

    Qu'on les appelle « MRE », « Zmagria », « Vacancia » ou même « Trangia », les quelque 3 millions de citoyens marocains qui résident à l'étranger ne rêvent pas tous de la même chose.

  • MRE d'un jour, "zmagria" toujours

    La présence de nos « Marocains résidant à l'étranger » (autrement appelés « Marocains du Monde ») durant la période estivale est une occasion sans pareille pour mettre en place des initiatives gouvernementales, associatives ou individuelles à l'image des salons, journées et autres rencontres. Les exemples se multiplient les années passant.

  • Driss et Mehdi, les Eric et Ramzy marocains

    Driss et Mehdi, les gagnants de l'émission Comédia, sont les nouveaux ambassadeurs de l'humour moderne. Rencontre avec ce duo qui ne compte pas s'endormir sur ses lauriers.

  • Le retour de la politique au Maroc

    Une bonne nouvelle au Maroc : la politique est de retour. Malgré la trêve estivale, on assiste à un regain de l'activité des partis et, surtout, à un rreflète ce phénomène. En toute liberté et avec un respect très méritoire des faits, quotidiens et hebdomadaires publient à longueur de colonnes informations et analyses sur l'effervescence qui gagne la classe politique. éveil de l'intérêt des Marocains pour la chose publique. La presse écrite Trois événements d'origine contrastée illustrent et nourrissent une situation parfaitement originale sous le règne de Mohammed VI et qui devrait favoriser la greffe démocratique dans l'ex-empire chérifien.