Sahara : Le vote des Américains

- 01h49 - Maroc - Ecrit par :

La série des revers du polisario se poursuit. Ses manœuvres propagandistes ne dupent plus que ceux qui sont disposés à y croire. A la suite d’un film consacré au conflit du Sahara et à un entretien avec James Baker, la chaîne américaine PBS a réalisé un sondage on-line. A la question « Est-ce que le Maroc doit se retirer du Sahara ? », 68% des participants sur un total de 39 420 personnes interrogées ont répondu non. Ils ont fait part, en toute impartialité, de leur soutien au Maroc.

Le long entretien de l’ancien envoyé personnel de Kofi Annan au Sahara, James Baker, a assurément été déterminant dans le plébiscite dont a fait l’objet la question. Avec l’objectivité d’une personne désormais détachée du dossier, M. Baker a apporté un juste éclairage sur l’affaire. Il a commencé par balayer d’un revers de main les questions de son interviewer sur l’attachement du Maroc au Sahara qui pourrait être lié à des spéculations sur le pétrole. « C’est difficile à croire, parce que le Maroc est absolument déterminé à s’y cramponner. C’est une question sur laquelle, à l’intérieur du Maroc, il n’y a aucune divergence. Tout le monde, tous les partis politiques, tous, quelle qu’en soit l’opinion, vous diront que le Sahara est marocain. Point final. C’est comme ça », a répondu M. Baker.

L’hypothétique présence du pétrole au Sahara a beaucoup intéressé l’interviewer de James Baker qui lui a même demandé s’il avait accepté de s’occuper de ce dossier dans l’espoir de tirer parti des supposées ressources pétrolières de la région. « C’est absolument ridicule », a rétorqué l’ancien envoyé personnel de Kofi Annan.

Ce dernier a toutefois admis que la découverte du pétrole pourrait contribuer à résoudre le conflit : « En fait, s’il y a des indices pour une production économiquement viable, cela pourrait même faciliter finalement une solution politique mutuellement acceptable. » Autre question qui a dû beaucoup intéresser les téléspectateurs américains, le terrorisme. Interrogé sur la possible extension du terrorisme aux foyers du conflit dans la région, M. Baker a répondu : « C’est imaginable ». Il a également expliqué le « dilemme » des Etats qui sont partagés entre deux pays où ils ont des intérêts : le Maroc et l’Algérie. M. Baker reconnaît au demeurant que la responsabilité d’Alger est totale dans le conflit. Quand le journaliste de PBS l’a questionné sur l’éventualité de la reprise des combats entre le Maroc et le polisario, il a répondu : « Je pense que cette éventualité dépend probablement plus de l’Algérie que de quelqu’un d’autre, parce que cela ne se fera que si l’Algérie le permet. Tant que l’Algérie signale au polisario de ne pas combattre, il ne va pas combattre. » C’est clair et net.

M. Baker a également expliqué que le Maroc avait rejeté son plan préconisant un référendum et que notre pays était « disposé à négocier une solution d’autonomie ». Il a aussi établi une bien curieuse analogie, qui a dû frapper les esprits des téléspectateurs américains, entre le conflit du Sahara et celui qui oppose les Palestiniens aux Israéliens : « Ce conflit ressemble au conflit arabo-israélien : deux peuples différents réclamant la même terre. L’un est très fort, il a gagné la guerre, et l’autre est très faible. » Il a aussi usé du pragmatisme qui a fait sa réputation de politicien : « Dans le conflit du Sahara, le Maroc a gagné la guerre. Il occupe le Sahara. Pourquoi devrait-il accepter quoi que ce soit ? Donc il est peu disposé à faire des concessions. »

Aziz Daki - Aujourd’hui le Maroc

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