Après Sebta, Bruxelles brandit désormais la menace commerciale face au Maroc

- 10h00 - Monde - Ecrit par : Said A.

Manfred Weber avertit le Maroc de possibles conséquences sur ses relations commerciales et sécuritaires avec l’Union européenne après la crise de Sebta. Le président du Parti populaire européen exige également le retour des migrants entrés illégalement dans l’enclave espagnole.

Le ton se durcit à Bruxelles. En déplacement à Sebta aux côtés du chef de l’opposition espagnole Alberto Núñez Feijóo et du président de la ville Juan Jesús Vivas, Manfred Weber a directement averti Rabat des répercussions que pourrait avoir une nouvelle crise à la frontière.

« Si nous ne parvenons pas à stabiliser nos frontières, il y aura des conséquences évidentes. Cela ne fait aucun doute », a déclaré le président du Parti populaire européen. Il a explicitement cité les accords commerciaux, la coopération sécuritaire et d’autres dossiers importants dans les relations entre le Maroc et l’Union européenne, rapporte Euronews.

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Le responsable allemand demande également au Maroc de reprendre toutes les personnes entrées illégalement à Sebta lors de l’afflux massif de la fin juillet. Quelque 72 000 passages avaient alors été comptabilisés par les autorités espagnoles. Une grande partie des migrants est rapidement retournée au Maroc, mais plusieurs milliers de personnes sont restées dans l’enclave.

Le futur partenariat avec le Maroc dans la balance

La pression intervient alors que Bruxelles et Rabat négocient depuis plusieurs mois un partenariat stratégique beaucoup plus large. Celui-ci doit notamment prévoir une augmentation des financements européens consacrés au contrôle des frontières et à la gestion migratoire. D’après Euronews, qui cite des responsables européens, la finalisation de cet accord a été mise en attente après la crise de Sebta.

Avant ces événements, l’Union européenne prévoyait pourtant d’accorder au Maroc 190 millions d’euros supplémentaires jusqu’en 2027 pour la gestion migratoire, après 222 millions engagés entre 2021 et 2024. Bruxelles envisageait même d’augmenter les moyens destinés à la surveillance, aux patrouilles et aux systèmes d’alerte, selon une précédente enquête du même média.

La déclaration de Weber intervient également après qu’un rapport de la Police nationale espagnole a attribué un rôle à des agents marocains dans les passages massifs. Le gouvernement espagnol refuse cependant d’accuser Rabat d’avoir organisé l’opération, estimant qu’aucune preuve définitive ne permet, à ce stade, d’établir une implication des autorités marocaines.

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Manfred Weber s’en est aussi pris à Pedro Sánchez. Il juge anormal que la situation à Sebta dure depuis plusieurs semaines et reproche au gouvernement espagnol d’avoir envoyé des « signaux contradictoires » avec son programme de régularisation des étrangers en situation irrégulière.

Le retour de tous les migrants réclamé par la droite européenne reste néanmoins impossible en l’état. La ministre espagnole de la Jeunesse, Sira Rego, a déjà prévenu que la majorité des mineurs non accompagnés resterait en Espagne, conformément à la législation nationale et aux règles de protection de l’enfance.