Le Maroc réclame le retour des mineurs, l’Espagne l’accuse de ne pas répondre à 600 dossiers

- 14h00 - Espagne - Ecrit par : L.A

Le Maroc se dit disposé à reprendre les mineurs arrivés irrégulièrement à Sebta et reproche à l’Espagne de ne pas les renvoyer. Madrid réplique que quelque 600 procédures plus anciennes restent bloquées faute de réponse des autorités marocaines.

Un nouveau désaccord oppose les deux pays sur le sort des mineurs étrangers non accompagnés. Dans un communiqué publié jeudi 10 septembre, le ministère marocain des Affaires étrangères a reproché au gouvernement espagnol de ne pas avoir organisé le retour des migrants et des mineurs entrés à Sebta les 30 et 31 juillet.

Rabat affirme être disposé à les réadmettre. Cette position intervient après les passages massifs pour lesquels les services espagnols avaient alerté le Maroc dès la veille et alors que plusieurs milliers de personnes se trouvent toujours dans la ville.

La réponse espagnole est venue de Sira Rego, ministre de la Jeunesse et de l’Enfance. Interrogée vendredi sur TVE, elle a accusé le Maroc d’une « absence de réponse et d’action » dans les procédures nécessaires au retour des mineurs auprès de leurs familles.

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La ministre s’est notamment appuyée sur le cas d’un enfant qui souhaitait rentrer au Maroc et dont la famille était prête à l’accueillir. Selon elle, ce retour n’a pas pu être organisé faute de réaction des autorités marocaines.

« L’enfant voulait retourner auprès de sa famille, la famille voulait accueillir son enfant et cela n’a pas été possible en raison du manque de réponse et d’action du Maroc », a-t-elle déclaré, selon les propos rapportés par Libertad Digital.

Les 600 dossiers sont antérieurs à la crise de juillet

Sira Rego évoque environ 600 procédures actuellement ouvertes par le parquet espagnol. Contrairement à ce que pourrait laisser penser le contexte de ses déclarations, ces dossiers ne concernent pas les mineurs arrivés lors des passages massifs des 30 et 31 juillet. Ils étaient déjà en cours avant cette crise.

La procédure espagnole impose de vérifier l’identité du mineur, d’établir sa filiation, de retrouver sa famille et de déterminer si son retour correspond à son intérêt. Elle nécessite donc des échanges de documents et une coopération entre les administrations des deux pays.

Selon la ministre, le traitement d’un dossier prend au minimum plusieurs mois et dépend largement du délai de réponse du pays d’origine. Elle soutient que les autorités marocaines n’ont pas donné suite aux démarches concernant les 600 procédures anciennes.

Madrid précise également que tous les mineurs ne peuvent pas être renvoyés. Certains n’ont plus de structure familiale identifiable au Maroc ou ne disposent pas de conditions permettant un retour conforme aux garanties prévues par la loi. Sira Rego estime ainsi que les retours possibles ne concerneront qu’une minorité des enfants pris en charge.

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Ce nouveau bras de fer intervient alors que les responsabilités dans la crise de juillet continuent d’alimenter les tensions. Un récent rapport de la Guardia Civil n’a trouvé aucune preuve reliant la mobilisation numérique au gouvernement marocain, tandis que d’autres documents espagnols ont mis en cause le comportement de certains agents à la frontière.

Sur le retour des mineurs, les positions sont désormais inversées : Rabat assure être prêt à les accueillir et reproche à Madrid son inaction, tandis que la ministre espagnole affirme que les procédures ne peuvent avancer sans réponse concrète du Maroc.