Sphères 2004 à Marrakech : La rave qui changera le monde

- 14h13 - Maroc - Ecrit par :

“Dans un monde où la modernité se met souvent en contradiction avec la tradition, le dialogue s’avère difficile entre une jeunesse cherchant ses racines et un patrimoine culturel ancestral disparaissant à petit feu. Un besoin énorme se ressent, une nécessité primordiale au niveau du bon développement de nos jeunes générations, une réconciliation avec nos traditions et nos mœurs semblent évidentes“.

Ces deux phrases ne sont pas extraites d’un traité pour l’entente des peuples, mais du communiqué d’un festival où des jeunes sont invités à danser de la musique électronique toute la nuit. Quand on avance plus loin dans la lecture, on découvre d’autres merveilles. À tel point que l’on est surpris que les organisateurs de “Sphère 2004“ n’aient pas songé à énumérer d’autres problèmes de la jeunesse marocaine comme le chômage. Ils ont toutefois pallié cette lacune par une phrase d’une grande sagesse : “Saches d’où tu viens, avant de penser à où tu dois aller“. Cette phrase, censée être attribuée à un éminent penseur, coiffe l’ensemble du communiqué.

Elle ressemble à du Socrate avec un zest de Gauguin. Et tout ça pour parler d’une méga rave ! En fait, un discours vend actuellement très bien les festivals. On l’a mis à toutes les sauces sans qu’il ait tourné une seule fois. On nous en gave à toutes les circonstances. Il est servi indifféremment, en arabe ou en français, sur le même ton cérémonieux.

C’est dans ce ragoût que les organisateurs de la première édition de “Sphères 2004“ ont trouvé le cortège verbal qui accompagne leur manifestation. Ils n’ont fait que sacrifier à une pratique courante. “Sphères 2004“ est pourtant un événement clair et n’a pas besoin de citations qui en imposent pour être compris. Cet événement musical a pour fin de rassembler de jeunes marocains et autres autour de soirées qui combinent musiques électroniques et musiques traditionnelles. Le concept de la manifestation est intéressant, dans la mesure où il double l’état second auquel atteignent les fans de la techno avec les rythmes qui entraînent naturellement à la transe dans la musique traditionnelle marocaine. Des fusions entre maâlem Abdellatif El Mekhzoumi et l’un des nombreux DJ invités de Russie, de Suisse ou de Suède promettent de belles trouvailles musicales. Concrètement, un bivouac sera dressé, à l’entrée de Marrakech en venant de Casablanca, dans une belle région appelée Jbilates. Le campement se compose de 40 tentes nomades et 15 tentes caïdales. Selon les organisateurs, le budget s’élève à 750 000 DH, dont une grande partie provient de dons en nature. Ils affirment vouloir produire un autre type de musique que celle qui évolue dans les circuits commerciaux.

Les DJ invités de l’étranger acceptent à cet égard de se produire sans cachets, selon les organisateurs. Ils auront affaire à entre 2000 et 4000 festivaliers. Ce chiffre aurait pu être augmenté sans la barrière du prix. Le prix est franchement dissuasif pour une très large population de jeunes. Combien de jeunes peuvent payer la somme de 1000 DH pour pouvoir pénétrer dans l’enceinte du bivouac et assister aux quatre soirées ? Ce prix inscrit la manifestation dans les hautes sphères sélectes. Et si personne n’est en droit de reprocher à une entreprise privée de chercher à rentrer dans ses frais par la billetterie, il ne faut tout de même pas être dupe du discours qui escorte la manifestation.

Le droit d’entrée élimine d’emblée une bonne partie de la jeunesse marocaine – celle justement qui ne goûte pas toujours aux bienfaits du dialogue avec autrui. Les responsables de “Sphères 2004“ organisent toutefois une soirée gratuite à la place El Harti à Marrakech, et non pas au campement, pour consoler ceux qui n’auraient pas les moyens de danser à Jbilates. Quant à l’association Jbilates qui organise cet événement, on y dénombre un spécialiste de l’écosystème Mohamed Abdou Elouali et un transfuge du festival des musiques sacrées de Fès. Saâd Zniber a effectivement occupé le poste de directeur de cette prestigieuse manifestation en 2002.

Aujourd’hui le Maroc

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    La septième édition du festival Gnaoua et Musiques du monde, qui se tiendra à Essaouira (400 km au sud-ouest de Rabat) du 24 au 27 juin, doit célébrer la "fusion" de musiques modernes et traditionnelles, ont indiqué lundi ses organisateurs.

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    "Lille 2004", c'est une occasion inespérée de participer au plus grand événement culturel 2004, nous a déclaré Azzouz Tnifess, le partenaire marocain désigné par les organisateurs. Pour ce critique d'art et professeur à l'Institut de l'ISADAC affecté au Centre international du théâtre méditerranéen, le choix de Marrakech est une occasion d'or pour le Maroc de se mesurer à des villes comme New York ou Shanghaï. Ceci d'autant plus que Marrakech a été programmée à l'arraché grâce à l'intervention d'une association Attacafa, dont il est l'un des membres fondateurs. Pour le moment, nous dit-il, si la participation marocaine est garantie, l'intérêt et le déclic financier de ce côté-ci de la Méditerranée tardent à se déclencher.

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    Une tournée promotionnelle du festival des musiques sacrées du monde se déroulera du 6 mars au 6 avril prochains dans une vingtaine de villes américaines, en vue de promouvoir l'image de marque du Maroc et de ce rendez-vous culturel, a-t-on appris auprès des organisateurs.

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    De l'Atlas à l'Atlantique et du Rif au Sahara, le Maroc se partage entre des paysages tour à tour méditerranéens et désertiques. Une nature sauvage émaillée de villes anciennes et préservées : Meknès, Fès, Marrakech, Casablanca... On s'y perd dans l'effervescence des médinas, on y découvre de fabuleux jardins, on y savoure une cuisine transfigurée par les épices.

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    « Si on ne met pas un terme au piratage, il n'y aura plus personne pour faire des chansons au Maroc au cours des prochaines années ». Depuis toujours, Malek n'a de cesse de faire le même plaidoyer sans trop croire qu'un jour il serait entendu.

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    Le festival de Fès des musiques sacrées du monde aura lieu cette année du 28 mai au 5 juin, sous le thème "Traces de Lumière".

  • Un livre qui fait l'éloge de la diaspora marocaine

    Mohamed Hamadi Bekouchi est l'auteur d'un livre intitulé “La diaspora marocaine, une chance ou un handicap ?“. Très bien documenté, cet ouvrage traîte de l'évolution de l'émigration marocaine. L'auteur n'aime pas toutefois le terme émigration auquel il substitue “diaspora“.

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    Le Festival itinérant "Spirit of Fès" a connu un succès au-delà de toute attente, à l'occasion de son lancement samedi soir dans l'enceinte de la prestigieuse bibliothèque du congrès américain, où un écran géant a du être installé dans une salle attenante à l'auditorium Collidge, pour permettre à la nombreuse assistance de suivre la soirée d'inauguration.

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    Installée à Taroudant, Saïda Bouzebda est d'Igherm, petit village de la vallée d'Ammeln. Ce petit bout de femme, les cheveux et les épaules cachés par un long foulard noir, est aujourd'hui l'un des acteurs les plus actifs de la société civile locale. Elle travaille pour l'association Migration et développement depuis plusieurs années et a fait de la condition des femmes de la région son cheval de bataille.

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