À Tanger, l’inquiétant business des salles de fêtes clandestines

- 19h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

À Tanger, des dizaines de salles de fêtes opèrent en totale illégalité. Protégés par de puissants lobbys, ces établissements esquivent le fisc et bafouent les normes de sécurité face au laxisme des autorités locales.

Le phénomène perdure en toute impunité. Au centre-ville comme dans les quartiers résidentiels, particulièrement rue Ali Bey, de multiples espaces festifs accueillent du public sans détenir la moindre licence préfectorale. Selon le quotidien Al Akhbar, cette paralysie des pouvoirs publics s’explique par le profil de certains propriétaires. Des responsables institutionnels et des personnalités influentes de la ville exploitent ces lieux, parvenant à bloquer l’exécution des arrêtés de fermeture, dont certains ont pourtant été notifiés dès décembre dernier.

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Ce commerce clandestin engendre un manque à gagner colossal pour les caisses publiques. En dissimulant leurs revenus réels, ces salles génèrent des millions de dirhams mensuels de profits sans payer d’impôts. L’installation de ces locaux se fait d’ailleurs au mépris de la loi 12.90 sur l’urbanisme. Leurs gérants transforment de simples commerces ou des restaurants en vastes espaces de réception, ignorant totalement les procédures de changement d’activité et contournant le contrôle de la commune.

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Ce contournement des règles entraîne des risques majeurs pour les clients. Échappant à la supervision de la wilaya et de la Protection civile, ces structures opèrent sans les aménagements indispensables. L’absence d’issues de secours conformes, le manque d’équipements anti-incendie et le dépassement des jauges d’accueil maximales constituent une menace permanente. Malgré les rapports des commissions spéciales et les plaintes répétées des citoyens, ces établissements continuent de fonctionner dans une indifférence assumée.