Terrorisme : premier procès le 25 juin

- 11h04 - Maroc - Ecrit par :

Cette semaine, une vague d’arrestation a touché les sympatisants des mouvements radicaux. Le procès de certains accusés est annoncé avec une étrange célébrité. Seul bémol (lire encadré), le transfert des détenus incombe désormais à la BNPJ après la "gaffe" de moul Sebbat, mort durant son transfert de Fès à Casablanca.

L’enquête officielle concernant les attentats du 16 mai n’a pas livré beaucoup de secrets durant la semaine dernière. La loi antiterrorisme aidant, l’affaire s’est scindée en deux volets complémentaires. Le premier concerne les terroristes directement mis en cause dans les attentats de Casablanca. Le second s’intéresse aux personnes coupables du nouveau délit d’"incitation à la haine".
Dans le premier volet, l’enquête semble aboutir en un temps record, un mois et demi alors qu’un certain Zakaria Moussaoui, accusé dans les évènements du 11 septembre 2001 n’a, à ce jour, pas encore été jugé. Le doute sur la célérité est permis, la date du premier procès, elle, est certaine. Elle a été fixée au 25 de ce mois. Selon une source judiciaire, un groupe de 15 personnes sera déféré devant les magistrats après que le juge d’instruction ait achevé son enquête à leur sujet. A ce niveau, une surprise procédurale est annoncée par notre source. Le procès aura lieu à Casablanca et non à Rabat comme le laissait présager le vote prématuré de la loi antiterrorisme. En effet, cette loi donne une exclusivité de juridiction à la Cour d’Appel de Rabat pour connaître des affaires liées au terrorisme. Ainsi, si le procès ne se déroule pas dans la capitale, c’est que l’on a renoncé à la rendre rétroactive. En d’autres termes, les "fous d’Allah" ne seront pas jugés selon ses dispositions, le code pénal étant amplement suffisant pour les envoyer devant le peloton d’exécution, a déclaré Abdellah Alaoui Belghiti, le procureur général du roi à Casablanca, au quotidien panarabe, Achark al awsat.
A mercredi 11 juin, le secret entourait encore le rapport du juge d’instruction, mais la même source judiciaire fait remarquer "qu’il s’agit d’accusés dont les liens directs avec les attentats ne font aucun doute". Ce premier procès ne sera sans doute qu’un premier cru. L’enquête se poursuit avec d’autres illustres détenus comme le fou "français" d’Allah, Robert Richard, présumé émir d’un des groupuscules ayant commandité les attentats et trois personnes "dangereuses" arrêtées avec lui. Une autre arrestation a marqué la semaine. Un certain Khalid Haddad, surnommé Ibn Al Walid en référence au célèbre chef de guerre et compagnon du prophète, est tombé dans les filets. Dans le même volet, des informations ont filtré sur la présentation au parquet de 20 nouveaux suspects "ayant un lien direct avec les attentats". Six autres sont "activement recherchés" par la police. Bref, la liste est ouverte.
Dans le volet de "l’incitation à la haine", les renseignements généraux ne font pas dans la dentelle. L’identité de plus de 100 individus est scrutée en raison de leurs liens supposés avec des groupements intégristes. Côté cour, plus de 30 personnes seront présentées "incessamment" devant la Chambre criminelle, 14 autres devraient les rejoindre dès que le juge d’instruction en aura fini avec eux. Côté coulisses, la police a poursuivi ses arrestations parmi les prêcheurs de la haine. Un certain Abdelkrim Chadli, docteur en philosophie, a été arrêté à Meknès le jeudi 5 juin. On lui prête la même haine aux prêches que Fizazi avec qui l’enquête se poursuit. Enfin, les procès des "takfiristes" antérieurement jugés ont été sortis des archives. C’est le cas des groupes de Youssef Fikri (Assirat Al Moustakim) et Mohamed Damir (Salafia Jihadia). Fait nouveau, à l’époque, les avocats se bousculaient au portillon pour les défendre, aujourd’hui, il a fallu l’intervention du bâtonnier pour désigner les membres de la défense dans le cadre de l’assistance judiciaire. Sinon, aucune robe noire n’aurait voulu assurer cette "sale besogne", nous a déclaré l’un des désignés.

Telquel, Maroc

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