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Tourisme : peut mieux faire !

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5 août 2003 - 12h05 - Maroc - Par:

L’arrivée massive de nos compatriotes résidents à l’étranger est une bonne occasion pour s’interroger sur la capacité future du Maroc à accueillir 10 millions de touristes à l’horizon 2010. Voici quelques témoignages qui illustrent ces petits détails qui choquent...

Malgré les efforts déployés par les autorités pour faciliter le retour au pays des MRE, force est de constater que de nombreux progrès doivent être accomplis pour hisser le Maroc touristique à la hauteur de ses ambitions.

Ainsi, comme cela est d’ailleurs confirmé par le sondage réalisé sur le portail Menara, les capacités d’accueil et la qualité de l’hébergement sont encore loin de répondre aux exigences d’une clientèle touristique de plus en plus nombreuse et de mieux en mieux avertie.

Ainsi, sur plus de 1000 personnes ayant répondues à la question, « Vous êtes en vacances au Maroc. Que pensez-vous des conditions d’accueil et d’hébergement », 38% ont déclaré qu’elles étaient déçues et 23% s’attendaient à mieux. Seulement un peu plus du tiers des personnes interrogées (39%) se sont déclarées satisfaites des conditions d’hébergement.

La plupart des doléances exprimées par les touristes qui viennent cet été au Maroc concernent la qualité et la propreté des sites d’hébergement. De nombreux hôtels, notamment dans les provinces du Nord, sont loin de répondre aux demandes d’une clientèle de plus en plus exigeante. Le manque de formation du personnel hôtelier et de restauration se fait également ressentir.

« J’ai attendu plus d’un quart d’heure devant le hall de la réception de l’hôtel avant qu’on me demande ce que je voulais » réclame un touriste de passage à Tanger. « J’ai demandé une eau minérale et on m’a servi un soda » surenchérit un autre estivant. « Les chambres que l’on m’a proposé sentaient le renfermé et la literie était désastreuse » déclare aussi un Marocain résident à l’étranger.

Ces remarques, certes anecdotiques, illustrent cependant les nombreux désagréments rencontrés par les touristes qui viennent passer leurs vacances au Maroc, particulièrement dans les zones de transit. Si Marrakech, Agadir ou Fès ont déjà, depuis quelques années, entrepris une rénovation de leur parc hôtelier, d’autres régions ne semblent pas encore bien préparées à adopter une vocation touristique.

De nombreux touristes expriment également des remarques concernant certains services qui ne sont pas à la hauteur de leurs attentes. « Je ne comprends pas que le plafond de ma carte Visa soit limité à un retrait de 8 000 dirhams par semaine. Ici, tout le monde exige d’être payé en espèces, mais je suis limité par la banque. Comment voulez-vous que je trouve l’argent liquide pour payer la location de voiture et de la villa dans ces conditions » se plaint ce touriste tunisien venu passer ses vacances à Cabo Negro. « Je suis en vacances, mais je passe les trois quarts de mon temps à faire la queue dans les agences bancaires. Pourquoi n’y a-t-il pas plus de personnel au guichet, au moins à certaines heures de la journée, pour satisfaire une clientèle qui préférait passer son temps sur la plage, plutôt que dans un bureau ! » se plaint ce touriste allemand.

Sur les routes, les touristes sont là aussi confrontés à des situations auxquelles ils ne sont pas préparés. Entre le code de la route qui est régulièrement bafoué par des conducteurs imprudents et la quasi absence de services d’assistance, certains hésitent à sillonner les belles routes touristiques du pays. « Le week-end dernier, je roulais sur l’autoroute entre Larache et Rabat, lorsque j’ai failli heurté à plus de 100 km/h un âne qui se promenait tranquillement sur l’autoroute ! » s’exclame un MRE, encore sous le choc de cette rencontre inhabituel.

« Je ne comprend pas comment on peut laisser circuler des véhicules, notamment des camions, qui roulent à moins de 80 km/h sur une autoroute avec des feux arrières invisibles ! » réclame encore ce touriste qui a évité la collision. « J’ai constaté que de nombreux véhicules, en panne, sont stationnés sur le bord de la route sans signaler leur position en utilisant leurs feux de détresse. Pire, certains mettent des pierres énormes sur la route, au risque de provoquer de terribles accidents » déclare cet autre usager de la route.

Enfin, parmi les remarques qui reviennent régulièrement concernant la qualité de nos infrastructures touristiques, ce sont celles concernant le manque d’hygiène dans certains établissements de restauration. « Je suis effarée par la tenue des serveurs de restaurant ou de certains cuisiniers. Il y a vraiment de quoi vous couper l’appétit ! » nous a déclaré cette dame de passage dans la station balnéaire de M’Diq.

A l’heure où les énergies se mobilisent pour faire du Maroc une destination touristique de premier choix, il semble aujourd’hui important de soigner ces petits détails qui ternissent notre sens de l’hospitalité. Un touriste doit être traité comme un invité de marque que l’on reçoit chez soi.

Menara

Mots clés: Tourisme , Destination

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