Trafic de carburants aux frontières : l’Algérie accuse le Maroc

10 novembre 2020 - 20h00 - Economie - Ecrit par : S.A

L’Algérie qui peine à enrayer le trafic illicite de carburants montre du doigt le Maroc et la Tunisie. C’est du moins ce que révèle une étude menée par deux chercheurs sur le sujet.

Face à la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale dans le cadre du débat du projet de loi de finances 2021, Abdelmadjid Attar, ministre algérien de l’Énergie a affirmé que la taxe sur la consommation des carburants (essence et gasoil) pour le prochain exercice "n’éliminera pas le phénomène de la contrebande mais limitera les pertes qu’elle engendre". Une déclaration qui en dit long sur l’incapacité de l’Algérie à en finir avec le trafic illicite qui fait perdre deux milliards de dollars au Trésor public.

L’enseignant-chercheur Mousli Abdenadir et le professeur Oukaci Kamal de l’Université de Béjaïa ont mené une étude sur le sujet. Ils évoquent les raisons qui expliquent cette situation. Il ressort de leur analyse que le trafic illicite de carburants est dû essentiellement "à la disparité des prix des carburants entre l’Algérie et les deux pays voisins, en l’occurrence la Tunisie et le Maroc, pays destinataires des carburants algériens objets de contrebande, qui ont procédé à l’alignement des prix des carburants sur le marché international du pétrole suivi de la suppression des subventions en 2013".

Autre raison évoquée : le système de fixation des prix des carburants en Algérie et les différents effets distorsifs de la politique de subvention. "Les subventions des carburants n’apparaissent pas dans le budget de l’État puisque le Trésor ne verse aucune compensation directe au producteur (Sonatrach) et au distributeur (Naftal). Elles sont considérées donc comme un manque à gagner ou bien une perte potentielle pour l’État, qui vend des produits pétroliers, notamment les carburants, en dessous de leur prix international", indique le rapport.

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Algérie - Tunisie - Pétrole

Aller plus loin

Le Maroc veut mieux contrôler la qualité des carburants

Le gouvernement s’apprête à construire en 2021, un nouveau laboratoire de contrôle de la qualité des carburants, a annoncé, lundi le ministre de l’Énergie, lors de la séance...

Ex-premier ministre algérien : « Nous allions écraser » le Maroc

Le procès des deux ex-premiers ministres algériens se poursuit à la chambre pénale près la Cour d’Alger. Devant le juge, Abdelmalek Sellal a déclaré : "nous étions sur le point...

Des Marocains piratent un site institutionnel algérien

Le site internet du ministère de la Santé algérien a été victime, le 14 octobre dernier d’un piratage. Cette attaque est l’œuvre de cybercriminels marocains, nommé "Morrocan...

«  Le régime algérien mène une guerre cachée qui cible les intérêts marocains  »

Opinant sur la brouille diplomatique entre l’Algérie et le Maroc au sujet des bases militaires, l’expert international sur les questions de sécurité et de terrorisme, Mohamed...

Ces articles devraient vous intéresser :

Champ gazier au Maroc : Predator Oil & Gas donne des nouvelles de Guercif

La société pétrolière et gazière Predator Oil & Gas, détentrice de la licence d’exploration de pétrole et de gaz onshore dans le nord-est du Maroc, amorce la première étape du processus centré sur l’évaluation de sables spécifiques au sein des...

Exploration gazière : nouveau contrat au Maroc

Chariot Limited a annoncé mardi la signature d’un accord pétrolier avec le Maroc pour une nouvelle licence d’exploration en onshore à Loukkos, au large de Larache.

Le Maroc a déjà investi 25 millions d’euros dans l’exploration pétrolière cette année

Le Maroc, à travers l’Office national marocain des hydrocarbures (ONHYM), a investi, entre janvier et septembre, 275 millions de dirhams (25 millions d’euros) dans l’exploration pétrolière.

Prospection pétrolière : Europa Oil & Gas prend une décision difficile au Maroc

La compagnie britannique de prospection et d’exploration pétrolière et gazière « Europa Oil & Gas » a décidé de renoncer à l’extension de la licence d’Inezgane située au large du Maroc. Elle évoque « une décision difficile ».