Transport marocain : l’Europe ferme la route avec ses visas

- 21h00 - Monde - Ecrit par : Nadia El A.

L’obtention complexe des visas européens pénalise lourdement les chauffeurs routiers marocains. Face à cette crise administrative, les entreprises perdent en compétitivité, menaçant directement les exportations nationales au profit des sociétés étrangères.

Depuis l’entrée en vigueur du nouveau système européen d’entrée et de sortie (EES) le 10 avril dernier, les professionnels du fret international traversent une zone de turbulences. Aux dépenses croissantes liées aux carburants et aux droits de transit s’ajoute désormais un véritable parcours du combattant administratif. Les sociétés marocaines peinent à obtenir les documents de circulation pour leurs chauffeurs. Cette paralysie crée un déséquilibre flagrant sur le marché : les transporteurs étrangers, particulièrement ceux basés au sein de l’Union européenne, opèrent sans ces entraves et grignotent progressivement les parts de marché des opérateurs nationaux.

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Cette asymétrie menace directement la capacité des entreprises à honorer leurs contrats avec leurs clients européens, freinant par conséquent l’économie marocaine et la dynamique des exportations. Pour endiguer cette crise, les instances professionnelles exigent des négociations rapides. Elles réclament l’instauration de procédures simplifiées, spécifiquement dédiées aux conducteurs, ainsi que la délivrance de titres de séjour plus longs afin de garantir une véritable fluidité commerciale.

Face à l’urgence, le gouvernement tente de désamorcer la situation. Abdessamad Kayouh, ministre du Transport et de la Logistique, a récemment tenu une réunion virtuelle depuis Casablanca avec les commissaires européens en charge de la mobilité et de l’immigration. Lors de cet entretien qualifié de « très positif », le responsable a fermement pointé les « contraintes liées à l’octroi des visas », devenues un frein majeur à la compétitivité. Différentes pistes d’amélioration à court, moyen et long terme sont actuellement à l’étude, en étroite collaboration avec les autorités espagnoles, pour faciliter l’accès des routiers au continent européen.