Ils traversent le Maroc avec leur bébé, l’Espagne pense que ces Français l’ont acheté

- 19h00 - Espagne - Ecrit par : Betty de G.

Un couple français est bloqué à Sebta après avoir traversé le Maroc avec son bébé de sept mois. Les autorités espagnoles leur ont retiré l’enfant, soupçonnant qu’il pourrait avoir été acheté au Maroc. Mais l’histoire avancée par les parents pourrait complètement renverser le dossier.

La femme, âgée de 55 ans, et son mari de 65 ans vivent habituellement en France. Selon des sources judiciaires citées par El Pueblo de Ceuta, elle aurait subi une insémination artificielle dans une clinique spécialisée de Barcelone avant d’accoucher quelques mois plus tard en Tunisie, son pays d’origine.

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Le couple a ensuite voyagé avec l’enfant de la Tunisie vers le Maroc. Le 30 juillet, au plus fort des entrées massives à Sebta, les deux Français ont rejoint la ville par le secteur du Tarajal. Leur parcours a éveillé les soupçons des autorités espagnoles, notamment parce qu’aucune trace de leur passage de Tunisie vers le Maroc n’aurait été retrouvée dans les contrôles frontaliers.

Les parents ont été interpellés puis remis en liberté sous le statut de personnes mises en cause. Leur bébé, lui, a été placé sous la protection des services chargés des mineurs. Les enquêteurs soupçonnent notamment le couple d’avoir pu « acheter le bébé » au Maroc. Le dossier porte également sur de possibles faits de trafic de mineur, de fausse déclaration de naissance et de falsification de documents, ainsi que sur le risque auquel l’enfant aurait été exposé lors du passage irrégulier vers Sebta.

Des documents qui pourraient tout changer

L’accusation la plus lourde pourrait cependant s’effondrer si les parents parviennent à documenter leur version. Ils doivent notamment produire les éléments relatifs à l’insémination réalisée en Espagne, au suivi de la grossesse et à la naissance du bébé en Tunisie. D’après les sources judiciaires du journal, ces pièces pourraient conduire à l’abandon de plusieurs des principales accusations.

En attendant, le couple refuse de quitter Sebta sans son enfant. Leur avocat a demandé qu’ils puissent au moins lui rendre visite dans le centre où il est accueilli, sous la surveillance de psychologues et de professionnels spécialisés. Le parquet a pour l’instant suspendu les visites.

L’attente pourrait encore durer plusieurs semaines. Les deux Français doivent financer leur séjour à Sebta tout en récupérant des documents en France, en Tunisie et en Espagne, une démarche compliquée par le ralentissement de l’activité judiciaire et administrative au mois d’août. L’enquête est menée notamment par l’unité de lutte contre le crime organisé et les stupéfiants de la Guardia Civil et la police judiciaire.

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Le dossier repose désormais largement sur ces documents. S’ils confirment que la Française a bien été inséminée à Barcelone puis a donné naissance à l’enfant en Tunisie, le soupçon spectaculaire d’un bébé acheté au Maroc pourrait laisser place à une histoire très différente : celle de parents dont le parcours inhabituel jusqu’à Sebta a déclenché une enquête particulièrement lourde.