Un hypothétique paradis

- 00h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

Le mirage Europe continue de rayonner sur l’Afrique, déblouir et d’enchanter les oubliés de la planète et les Africains paumés en quête à une vie meilleure dans un éden qui devient de plus en plus difficile à atteindre. Chaque jour apporte son lot de candidats misérables, fuyant la misère et la pauvret souvent au risque de leur vie. Et c’est ainsi qu’une lutte quotidienne acharnée oppose ceux qui veulent à tout prix atteindre le rivage d’un hypothétique paradis et ceux qui, à tout prix et par tous les moyens veulent stopper et arrêter nette cette horde pour qu’elle ne puisse pas échouer sur un quelconque rivage européen.

« Sous la contrainte d’un sous-développement économique, d’une croissance démographique incontrôlable, d’une sécheresse qui dure, des guerres civiles impitoyables et des séquelles d’un colonialisme dévastateur, un nombre croissant de réfugiés et d’exilés, va gonfler le flux migratoire en direction des pays industrialisés. » (Dounia News n° 438)

Et c’est ainsi qu’un défi perpétuel s’est installé entre les riches et les pauvres, entre le Nord et le Sud. Le dilemme est là, l’Europe opulente d’un côté a un besoin crucial et structurel de main dœuvre pourtant elle réagit à contre courant en tant que forteresse pour stopper l’immigration illégale. La présence d’immigrés dans le vieux continent était, est et restera vitale, en particulier pour faire face au vieillissement de la population européenne afin de donner un nouvel élan dynamique à la natalité qui commence à manquer cruellement pour plusieurs pays de l’Union européenne. « Le rôle de reproduction étant assuré, une nouvelle génération issue de l’immigration va émerger et que l’on surnomme à tort, la seconde génération.

Cette génération sacrifiée se transmettra la malédiction de la marginalisation sociale. La reproduction sur place va engendrer une reproduction et une accumulation d’injustices et de retard par rapport aux autochtones.Les premiers jeunes nés en Belgique se trouveront vite confrontés dans leur statut d’immigré qui leur a ét imposé par le destin. Certes ce sont des citoyens d’origine marocaine, mais ils seront les seuls qui n’ont jamais demandés de quitter leur pays d’origine, qu’est la Belgique. Immigrés malgr eux, étrangers dans leur pays natal, par fatalité ils porteront jamais la cicatrice de létiquette détranger. » (Dounia News n 703)

Primo, pour des raisons politico politiciennes, les membres de l’Europe unie n’arrivent pas à accorder leur violon pour engendrer une approche commune afin de trouver une solution adéquate au problème.Secundo, ils n’arrivent pas à se mettre d’accord sur le comment mettre cette politique en œuvre et, c’est la fuite en avant, le chacun pour soi. Chaque pays met en priorité ses intérêts nationaux et pratique la politique de l’autruche. Sauf, quand il s’agit de répression, tout le monde s’y retrouve concernant le renforcement de la forteresse Europe ou concernant le développement et en déploiement de l’appareil répressif. « Alors, pour contrer cette horde d’africains, pour combattre l’immigration illégale, pour empêcher les patéras, les barques et les bateaux d’accoster, l’UE propose de fortifier les frontières. Construire des barrières infranchissables, des murs très hauts, des barbelés électriques, une surveillance électronique sophistiquée, des avions de reconnaissance avec caméras infrarouge, multiplier les patrouilles sur mer et créer des centres de rétention dans les pays du Maghreb. C’est-à-dire, organiser des camps et des sélections des demandeurs d’asile en dehors et loin de l’UE dans les pays d’origine ou à proximité des pays d’origine. (Dounia News n° 637)

Cepandant, chaque année, comme un Moussem annuel, le phénomène migratoire en Europe est de nouveau soumis aux différents experts pour apporter de nouvelles idées et de nouvelles approches. Encore une fois, et ce ne sera pas la dernière, la moisson de l’année 2007 sera amplement abondante. Comme auparavant, on va inviter les experts et les auteurs des multiples rapports commandités sur la migration légale, sur l’immigration illégale et sur les réfugiés politiques afin délaborer des directives. De directive à directive, d’un amalgame à l’autre, sans aucune concertation avec les intéressés ni avec les migrants déjà installées depuis belle lurette en Europe, le consensus revient entre les pays riches et, c’est la l’hypothèse répressive qui prend le dessus. La guerre contre l’immigration illégale est ouverte et la saison de la chasse aux clandestins est officiellement ouverte. Mais là aussi, chaque pays fera sa petite guerre comme bon lui semble. Tout le monde est d’accord pour combattre le danger qui vient des anciennes colonies et des contrées lointaines mais chacun selon ses moyens et sa stratégie et selon ses intérêts politiques et économiques du moment.

Un jour on régularise et le lendemain on expédie par charters des centaines de clandestins malheureux. Hélas, ni les états ni la Commission européenne n’ont mis les moyens nécessaires c’est-à-dire, économiques, politiques et financiers pour s’attaquer vraiment aux causes de cette immigration dans les pays tiers. En tout cas, ce ne seront pas les centres d’information ou les bureaux de recrutement qui vont arrêter l’immigration illégale. Ni mur, ni barbelés, ni même des mitraillettes, ni Frontex, rien ne peut dissuader les candidats à l’immigration.

Chers européens atteints par la myopie politique, réveillez-vous, sortez de la torpeur de l’hypocrisie, prenez le taureau par les cornes. Au lieu de la répression prônez la solidarité, l’amour et la fraternité. L’Europe toute entière avec les pays les plus riches de la planète doivent mettre en œuvre un Plan Marshal et dégager des fonds nécessaires pour venir en aide aux pays pauvres et aux pays en voie de développement afin qu’ils puissent à leur résorber le chômage et créer les opportunités de travail sur place. Ce n’est pas un luxe, ce n’est pas une faveur et ce n’est pas une charité.. C’est un droit équitable, un devoir inaliénable et une obligation humaine et universelle de venir en aide à ceux qui en ont le plus besoin.

Sarie Abdeslam

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