Vacances au Maroc : l’addition salée qui fait grincer les MRE

- 21h00 - Maroc - Ecrit par : Said A.

À l’approche de l’été et du retour massif des Marocains résidant à l’étranger, la question des prix refait surface au Maroc. Un ticket de café-restaurant à Tanger, affichant une addition de 398 dirhams pour quelques consommations, illustre le sentiment de plus en plus répandu chez certains vacanciers : les vacances au pays deviennent chères, parfois trop chères.

Sur ce ticket daté du samedi 13 juin 2026, l’addition atteint 398 dirhams pour une table de cinq personnes. On y trouve notamment un citron au gingembre à 70 dirhams, un jus d’avocat à 70 dirhams, deux mille-feuilles à 40 dirhams, trois cafés crème à 150 dirhams, un cake carotte à 18 dirhams et un café noir à 50 dirhams. Des prix qui peuvent surprendre, surtout lorsqu’ils concernent des produits très courants dans les cafés marocains.

Sur Bladi.net : Maroc : une tasse de café à ... 90 dirhams (9 euros)

Ce type d’addition, même s’il ne peut pas résumer à lui seul l’ensemble des prix pratiqués au Maroc, nourrit un débat récurrent à chaque saison estivale. Pour de nombreux MRE, le séjour au Maroc représente déjà un budget important : billets d’avion ou traversée en ferry, carburant, location de voiture, hébergement, cadeaux à la famille, sorties, restaurants et déplacements. Lorsque les prix des cafés, plages, restaurants ou services augmentent fortement dans les villes touristiques, le sentiment d’être considéré comme un client captif s’installe rapidement.

Le sujet est d’autant plus sensible que les MRE comparent désormais davantage le Maroc avec d’autres destinations. Espagne, Portugal, Turquie ou Égypte apparaissent parfois comme des alternatives plus prévisibles en matière de budget. Certains vacanciers continuent bien sûr de privilégier le Maroc pour des raisons familiales et affectives, mais d’autres réduisent la durée de leur séjour, limitent les sorties ou choisissent de passer une partie de leurs vacances ailleurs.

Dans plusieurs villes touristiques, la montée des prix pendant l’été est devenue une plainte régulière. Les cafés et restaurants situés dans les quartiers les plus fréquentés par les vacanciers pratiquent parfois des tarifs proches de ceux de grandes capitales européennes, sans toujours offrir le niveau de service attendu. Pour les familles venues d’Europe, l’écart entre le coût réel de certains produits et le prix facturé peut donner l’impression d’une inflation saisonnière difficile à justifier.

Cette perception représente un risque pour l’image touristique du Maroc. Les MRE restent l’un des piliers de la saison estivale, non seulement par leur présence, mais aussi par leurs dépenses dans les commerces, les restaurants, l’immobilier, les transports et les services. Si une partie d’entre eux estime que les vacances au Maroc deviennent trop coûteuses, l’impact pourrait se faire sentir progressivement sur les habitudes de séjour.

Sur Bladi.net : Cherté des vacances au Maroc : les MRE vont-ils se détourner ?

Le problème n’est pas seulement celui d’un ticket de caisse. Il renvoie à une question plus large : comment préserver l’attractivité du Maroc auprès de sa diaspora tout en évitant que la saison estivale soit perçue comme une période de hausse excessive des prix ? Pour beaucoup de MRE, le Maroc reste une destination de cœur. Mais à force d’additions salées, certains ont déjà commencé à regarder ailleurs.

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